La stagnation du niveau des prix en Europe nourrit le reflux des anticipations d'inflation

le 01/09/2011 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Selon Eurostat, en août, l'inflation en zone euro s'est inscrite, comme en juillet, en hausse de 2,5 % sur un an. Outre-Rhin, elle recule de 0,2 point à 2,4 %

La stabilisation des pressions inflationnistes en Europe se confirme. L’Allemagne a vu son indice des prix à la consommation harmonisé en août baisser de 0,2 point à 2,4%. En Espagne, la contraction atteint 0,3 point à 2,7%. L'inflation en zone euro s'est inscrite en progression de 2,5% en août. Un chiffre en ligne avec le consensus. Entre juin et juillet, la croissance du niveau général des prix avait reflué de 2,7% à 2,5% sous l’effet notamment de la baisse des prix des carburants pour le transport, des combustibles liquides, de l’électricité et du gaz.

La réunion de la BCE jeudi prochain sera l’occasion pour la banque centrale de réviser ses prévisions macroéconomiques. Lundi, Jean-Claude Trichet avait annoncé que l’institution réévaluait ses prévisions d’inflation. Alors qu'elle est ressortie à +2,1% en juillet dans l'Hexagone, les points morts d’inflation en France à 10 ans - qui reflètent les anticipations du niveau général des prix - sont dans une dynamique baissière. Ils s’établissent actuellement à 1,92%, soit 18 et 34 pb au-dessus des niveaux de début août et juillet. En zone euro, le point mort inflation forward 5 ans dans 5 ans, qui fait partie des indicateurs que regarde la BCE, s’est contracté depuis juillet d’environ 20 pb à 2,2%.

Mais un relâchement de l'institution monétaire sur la thématique inflationniste n'est pas forcément acquis. JPMorgan attire l’attention sur le récent changement technique adopté par Eurostat qui distord les lectures des mois de juillet et d’août à la baisse. La banque note qu’en janvier 2011, Bruxelles a imposé une nouvelle méthode pour le traitement des prix des biens saisonniers, qui augmente la volatilité mensuelle autour des périodes de ventes. L’impact sur l’inflation en janvier (+2,4%) et février (+2,4%) est estimé à -0,1%, contre -0,2% pour juillet (+2,5%). La méthodologie «a probablement abaissé la lecture du mois d’août d’une manière similaire», ajoute JPMorgan.

La trajectoire de l’inflation serait ainsi stable cette année mais à des niveaux légèrement plus élevés. D'ailleurs, selon BNP Paribas, en zone euro, «l’inflation dans le secteur de l’énergie s’est certainement modérée», mais «le ralentissement de la croissance économique mettra en revanche plus de temps à relâcher la pression sur les prix sous-jacents». En Italie, l'inflation en août a crû de 0,1 point à 2,2%.

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