La reprise des émissions se fait attendre sur le marché du crédit

le 30/08/2011 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Aucune opération corporate n'a encore eu lieu ce mois-ci. Le marché primaire risque d'être très sensible dans les semaines à venir

Après la forte correction du début du mois, le marché du crédit n'a pas retrouvé les faveurs des investisseurs. L'indice iTraxx Crossover qui représente le coût de la protection contre le risque de défaut des émetteurs en euro les plus risqués, monte en flèche depuis début août. Il a bondi de 230 points de base à 717 pb. C'est la confiance qui manque encore aux investisseurs, estiment les stratégistes crédit de SG CIB. Depuis plusieurs semaines, il y a un acheteur pour quatre vendeurs sur le marché cash, précisent-ils.

Dans ce contexte, aucun émetteur non financier n'est encore venu tester le marché primaire ce mois-ci. Traditionnellement, août est déjà un mois plutôt creux, la faible liquidité sur le marché ne permettant pas aux entreprises de s'assurer de la réussite de leurs opérations. Mais pour la première fois depuis la création de l'euro, le volume sur le marché primaire pourrait tout bonnement être nul ce mois-ci, d'après SG CIB.

La reprise de l'activité est attendue la semaine prochaine, en septembre. «Compte tenu de la forte volatilité observée cet été, les différents intervenants se satisferaient bien d’une réouverture du marché avec un émetteur ayant une belle signature, noté A, afin de rassurer tout le monde», estime Franck Hergault, directeur exécutif origination corporate France et Benelux chez CA CIB. C'est pour les groupes les mieux notés qu'une opération de marché sera la moins douloureuse. «Pour une signature A, la tension sur les spreads a été compensée par la détente des taux swaps, ce qui n'est pas le cas pour des émetteurs BBB», précise Franck Hergault. Le rendement de référence à 5 ans est passé de 2,58 % fin juillet à 2,12% hier.

Les investisseurs accueilleront vraisemblablement avec intérêt les nouvelles émissions. D'abord, elles devraient offrir des primes significatives. Ensuite, les gestionnaires ont des liquidités à investir suite à la crise estivale. Enfin, ils pourraient décider de réallouer une partie de leurs poches de dettes souveraines dans le crédit. Mais le marché risque, une fois encore, de s'ouvrir sur de courtes fenêtres, puis de se refermer, compte tenu des craintes sur la dette bancaire et la zone euro. Par conséquent, SG CIB estime que le volume d'émission annuel pourrait se rapprocher du plus bas de 2005, à 87 milliards d'euros, sachant que 56 milliards ont déjà été placés depuis le début de l'année.

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