Le déficit américain ne sera pas aussi vertigineux que prévu

le 25/08/2011 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

L'Office du budget du Congrès a divisé par deux sa prévision de déficit cumulé des dix prochaines années à 3.487 milliards de dollars

Le déficit budgétaire américain n’atteindra peut-être pas les niveaux abyssaux redoutés. Selon l'Office du budget du Congrès (CBO), une entité non partisane, le déficit cumulé des dix prochaines années devrait s'élever à 3.487 milliards de dollars, soit 3.300 milliards de moins qu'initialement prévu. Des taux d’intérêt plus bas et le compromis sur la dette trouvé au début du mois d’août expliquent cet écart, selon le CBO. L’accord prévoit une réduction initiale des dépenses discrétionnaires de 917 milliards au cours des dix prochaines années sans aucune hausse d’impôt, dont 350 milliards de coupes dans le budget de la défense. Une commission spéciale bipartite sera ensuite chargée de trouver 1.500 milliards supplémentaires avant le 23 novembre.

Les projections du CBO prennent pour hypothèse que les réductions d'impôts passées sous l'ère du président George W. Bush arriveront à leur terme en 2012 comme prévu, alors que les démocrates veulent les proroger pour les revenus les plus bas et moyens et que les républicains voudraient qu'elles s'appliquent aussi aux ménages les plus aisés. Le directeur du CBO, Doug Elmendorf, fait remarquer que le vieillissement de la population américaine et la hausse des dépenses de santé obligeront le Congrès soit à augmenter les impôts soit à réduire encore un peu plus les dépenses pour maîtriser la dette et le déficit.

Sur l'exercice budgétaire en cours, qui s'achève le 30 septembre, Washington dépensera 1.284 milliards de dollars de plus que ce qu'il percevra, selon la dernière estimation du CBO, soit 115 milliards de moins que la projection de mars. La Maison blanche s’est officiellement réjouie de la conclusion du rapport du CBO mais a toutefois ajouté que les efforts devaient être poursuivis. D’autant que l’équation reste compliquée pour la première puissance économique. Celle-ci pourra moins compter sur la croissance pour réduire son déficit.

Selon les estimations du CBO, la croissance restera molle jusqu'en 2012 inclus. Le taux de chômage, de 9,1% actuellement, ne tombera qu'à 8,5% d'ici aux élections présidentielles de novembre 2012. «Bien que la production économique ait retrouvé la croissance il y a deux ans, le rythme de la reprise est lent et l'économie reste en plein marasme», note le directeur du CBO. L'organisme prévoit aussi une croissance de 2,4% cette année, puis de 2,6% en 2012.

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