Les positions spéculatives sur le gaz et le pétrole en chute libre

le 23/08/2011 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

La baisse de la demande en électricité a provoqué une dégringolade de 91 % du nombre de contrats à terme acheteurs de gaz naturel la semaine du 16 août

Les hedge funds réduisent de manière drastique leur exposition au gaz naturel et au pétrole. Selon les données de la Commodity Futures Trading Commission (CFTC), les positions nettes acheteuses de contrats futures et d’options sur le gaz naturel ont diminué de 91,1% à 2.268 entre le 9 et le 16 août. Le 7 juin, les investisseurs non commerciaux ont accumulé, en net, un record de 211.272 contrats. Du côté de l’or noir, les positions ont été réduites de moitié depuis leur pic de 311.632 contrats futures du 8 mars. A l’issue de la semaine close le 16 août, celles-ci sont ressorties à 142.769 contrats.

La dynamique baissière du côté du gaz naturel a été nourrie par la contraction de la demande pour l’électricité, après une série de prévisions climatiques annonçant la fin des pics de chaleur et un retour à la normale des températures. Alors que le marché s’attend à une utilisation en baisse des systèmes de climatisation, donc de l'électricité produite avec du gaz naturel, les perspectives de production ont accentué la dynamique d’allègement de positions et accéléré la baisse des prix. Selon le département de l’Energie américain, elle devrait croître de 6% en 2011 à un record de 65,5 milliards de pieds cubes par jour. Le cours du contrat livrable en septembre a reculé de 2% à 3,86 dollars par unité thermique britannique (btu), portant la baisse à -21,1% depuis le pic de 4,893 btu du 8 juin.

Les débouclages de positions sur le pétrole, nourris ces derniers jours par les révisions à la baisse des perspectives économiques mondiales, se sont accélérés avec la prise de contrôle hier d’une grande partie de Tripoli par les rebelles libyens. La situation en Libye a renforcé le scénario de la fin du régime Kadhafi, permettant une relance de la production de pétrole dans le pays. Cela a eu pour effet de ramener la prime entre les prix du Brent et du WTI à 23,17 dollars contre un plus haut de 26,21 dollars le 19 août. Le cours du WTI a crû de 1,74 dollar à 84 dollars. Le Brent, plus sensible aux ruptures d’approvisionnement au niveau mondial, a baissé de 1,29 dollar à 107,17 dollars.

Les prix du gaz naturel devraient continuer à réagir aux conditions climatiques en automne et en hiver. Le consensus table sur une hausse de 10,5% au quatrième trimestre. En revanche, à la suite du regain de pessimisme sur l'économie mondiale, WTI et Brent sont attendus stables, dans l’ordre, à 83,31 dollars et 107,86 dollars sur la même période.

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