Le Japon se dit prêt à agir de nouveau sur le marché des changes

le 23/08/2011 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Instruit par l'expérience, Tokyo estime qu'une action coordonnée avec les Etats-Unis serait préférable pour contenir l’envolée du yen

Le ministre des Finances japonais, Yoshihiko Noda, a durci son discours lundi face à la montée de la devise nationale, se disant «inquiet du renforcement des récents mouvements du yen». Le Japon agira fermement contre tout mouvement spéculatif sur le marché des devises, a-t-il assuré. Yoshihiko Noda, qui considère la tendance haussière de la monnaie nippone comme de plus en plus unilatérale, a en outre indiqué que le Japon restait en contact étroit avec d'autres pays à ce sujet. Selon l'agence de presse Kyodo, le ministre du Commerce Banri Kaieda a estimé de son côté qu'une action coordonnée avec les Etats-Unis sur les marchés de changes serait préférable.

Le quotidien Yomiuri Shimbun avait, lui, indiqué que la banque centrale du Japon étudiait de nouvelles mesures d'assouplissement monétaire et d'intervention sur le marché des changes.

Le yen a touché vendredi un nouveau plus haut historique à 75,95 contre un dollar. Anticipant une action des autorités japonaises, les marchés ont ramené le billet vert à la hausse jusqu'à 77,23. Lundi, vers 15 heures à Paris, le dollar gagnait du terrain face au yen, à 76,77 yens. L'euro montait face à la monnaie nippone, à 110,73 yens contre 110,15 yens en fin de semaine dernière.

Les signes de fermeté de Tokyo n'ont toutefois pas permis aux marchés d'action d'occulter la crainte d'un retour des Etats-Unis à la récession, et le Nikkei a clôturé lundi en baisse de 1,04% à un plus bas de cinq mois.

Le pays va par ailleurs maintenir son plafond de nouveaux emprunts inchangé lors du prochain exercice, avait annoncé vendredi le gouvernement. «Le Japon est dans une situation d'urgence car la dette publique a continué d'augmenter», a-t-il déclaré. «Nous devons agir progressivement pour réaliser les objectifs de réforme budgétaire afin de préserver la confiance dans les obligations d'Etat.» La dette publique japonaise fait environ deux fois la taille de son économie, pesant 5.000 milliards de dollars, ce qui est de loin le plus mauvais ratio des pays industrialisés.

La reprise de l'économie nippone après le séisme est menacée par les perspectives économiques incertaines au niveau mondial et par l'appréciation du yen, estime le gouvernement. Néanmoins, il prévoit une croissance comprise entre 2,7 et 2,9% lors du prochain exercice.

A lire aussi