La BCE reste alerte sur la dette souveraine

le 23/08/2011 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Elle a acquis pour 14,3 milliards d'euros de titres sur le marché la semaine dernière

La Banque centrale européenne. Photo: Bloomberg

Après les 22 milliards d'euros d'obligations d'Etat acquis durant la semaine du 8 août, la Banque centrale européenne a limité son intervention la semaine dernière. Elle a racheté pour 14,3 milliards d'euros de titres, principalement italiens, dans le cadre du programme de rachat de titres, créé en 2010 et relancé début août afin d'apaiser les marchés. Mission accomplie puisque les rendements à dix ans des dettes souveraines italiennes et espagnoles se maintiennent à présent sous la barre de 5%.

Après la détente vertigineuse du 8 août dernier, rendue possible par la réactivation du programme de rachat de la BCE (SMP), les taux long espagnols et italiens se sont resserrés, mais bien plus lentement. Depuis le 12 août, le rendement à dix ans espagnol s'est relâché de 17 points de base (pb) à 4,98% et l'italien de 51 pb à 4,97%. «La BCE devrait encore intervenir pour soutenir les marchés obligataires italiens et espagnols au cas où les taux se remettent à monter. Dans ce contexte, un rendement significativement supérieur à 5% constituerait un seuil de déclenchement du programme», anticipait Chiara Cremonesi, stratégiste taux chez UniCredit dans une note la semaine dernière.

La BCE devrait donc rester vigilante sur les semaines à venir. Mais l'activité du SMP ne doit être que temporaire. En effet, l'institut d'émission a dû intervenir sur les marchés afin de stopper les tensions sur les dettes souveraines en attendant que l'EFSF, le fonds de stabilité financière européen soit, à son tour, habilité à acquérir des titres sur le marché secondaire. Pour cela, les parlements des Etats membres doivent approuver les modifications annoncées en juillet par les dirigeants européens. Or, les votes pourraient avoir lieu plus tard que prévu. «Je crains que le délai prévu de fin octobre ne soit pas tenu», a déclaré hier Ewald Nowotny, membre du conseil des gouverneurs de la BCE au magazine autrichien Profil.

C'est en fait l'ensemble du deuxième plan pour la Grèce, dévoilé le 21 juillet, qui prend du retard. Révélé la semaine dernière, l'accord bilatéral qui permettra à la Finlande de disposer d'une garantie collatérale sur l'aide qu'elle versera à la Grèce risque fort de reporter le déblocage de la nouvelle tranche d'aide européenne à Athènes, de 8 milliards d'euros en septembre prochain. Cet accord doit en effet être approuvé par l'ensemble des Etats membres de la zone euro. Or, les Pays-Bas, qui, la semaine dernière, réclamaient le même avantage que la Finlande, y ont renoncé mais déclarent à présent, par la voie du ministre des Finances, qu'ils ne voteront pas en faveur de l'accord bilatéral entre la Finlande et la Grèce. Le gouvernement allemand tente de calmer le jeu, évoquant la nécessité d'une discussion entre les Etats. La question doit en tout cas être réglée car la multiplication de tels accords serait défavorable à la Grèce. «L'accord entre la Grèce et la Finlande, en lui-même de faible ampleur, n'en est pas moins très significatif. Persévérer dans cette voie pourrait retarder la prochaine tranche d'aide financière à la Grèce et donc précipiter un défaut de paiement», a averti hier l'agence de notation Moody's.

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