Le « high yield » ressort encore plus perdant après la débâcle des marchés

le 17/08/2011 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

La classe d'actifs a vu son rendement cumulé à 1 mois reculer de 5,9% en Europe, portant ainsi sa performance négative en 2011 à -2,3%

La dette à haut rendement est l’une des classes d’actifs ayant le plus souffert de l’aversion pour le risque de ces derniers jours et de l'assombrissement des perspectives économiques mondiales, annonciateur d'une détérioration de la qualité de crédit. Très prisé des marchés en 2010, le high yield a vu son rendement à 1 mois reculer de 5,9% en Europe, selon CrediSights. Cette année, la performance est de -2,3%. Ces six derniers mois, elle ressort à -5,6%. Sur deux ans, elle demeure encore relativement élevée à +26,7%. Mais la dette risquée fait moins bien que la dette corporate de qualité de crédit élevée [high grade, ndlr] qui n’enregistre qu’une contraction limitée de -0,7% de son rendement à 1 mois et préserve ainsi un gain de 1,7% pour cette année.

La dynamique est presque similaire aux Etats-Unis où la baisse des rendements pour le high yield s’élève à 3,9%. Pour le segment plus risqué des prêts bancaires à effet de levier (leveraged loans), le déclin ressort à 4,7%. «La semaine a débuté avec des volumes de rachats importants pour se prémunir du "risque", menés par des hedge funds et des intervenants jouant les mouvements de marchés à court terme. Les obligations à haut rendement ont logiquement baissé», explique dans une note Muzinich & Co. La société spécialisée dans le high yield ajoute que l'ETF High Yield de Barclays a subi des rachats à hauteur de 1,5% de ses actifs dès lundi, ce qui est «annonciateur de rachats dans les fonds». Muzinich & Co, qui se base sur le JC4N, l'indice des signatures BB/B non financières, et sur le système de transactions Trace, fait aussi le constat que les volumes ont été concentrés sur les noms les plus liquides, à savoir les émissions supérieures à 500 millions de dollars.

Mais la classe d'actifs, qui a vu son marché secondaire s'assécher, semble être dans une phase charnière. D’après CreditSights, le rendement marginal pour passer de la catégorie «qualité élevée» à celle du «haut rendement» ressort à un spread ajusté des options (OAS), au 12 août, de 730 point de base, contre 624 pb le 5 août et 595 pb pour sa moyenne de long terme (de janvier 1997 au 12 août 2011). Un record depuis fin 2009. Le creusement des spreads concerne toutes les notations high yield. Dans ce contexte, les fonds américains ont subi 2,82 milliards de dollars de rachats nets. Ces derniers s'établissent ainsi en 2011 à 3,38 milliards.

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