L’AMF répond à ceux qui testent la résistance française

le 12/08/2011 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

L’AMF a décidé d’interdire les ventes à découvert sur les valeurs financières pendant 15 jours. L’Italie, la Belgique et l’Espagne font de même

Après la violence des mouvements de marchés de ces derniers jours fondés sur des rumeurs, les autorités européennes ont décidé de prendre des mesures exceptionnelles destinées à faire revenir le calme sur les places boursières européennes. Aujourd’hui, le CAC a clôturé sur un gain de 2,89%, après avoir très lourdement dévissé de 5,45%, à 3.002,99 points mercredi, avec de forts mouvements de volatilité.

Le régulateur européen des marchés financiers (Esma) a annoncé l'interdiction des ventes à découvert en Belgique, en France, en Italie et en Espagne à partir du 12 août. Une mesure destinée à combattre les «fausses rumeurs» qui déstabilisent les marchés financiers, selon l'ESMA.

En France, l'AMF a décidé d'interdire des prises de position courte nette sur une liste de valeurs financières françaises. Cette interdiction s'applique à partir d’hier à 22h45, et s'étendra sur une durée de 15 jours, et pourra par la suite être prorogée. Elle concerne les valeurs Axa, BNP Paribas, le Crédit agricole, la Société Générale, April Group, le CIC, CNP Assurances, Euler Hermès, Natixis, Paris Ré et Scor.

A la clôture de la séance de mercredi, l’action de la Société Générale a réalisé une chute libre de 14,74%, celle du Crédit Agricole a dévissé de 11,81%, suivies par BNP Paribas et Axa qui ont perdu respectivement 9,47% et 10,64%.

«Nous avons à faire face dans différents pays européens à des rumeurs qui ne sont pas fondées», a relevé le président de l'AMF, Jean-Pierre Jouyet, selon qui «on a voulu tester la résistance française.» «Ces rumeurs peuvent être assimilées à des abus de marché», précise-t-il, reprenant le terme par lequel l'AMF désigne les manipulations de cours et les délits d'initié. «Voilà notre réponse, elle est comme toujours très déterminée et elle le sera face à tous ceux qui veulent nous tester.» Et de conclure qu’il «n’est pas exclu que nous ouvrions une enquête sur le cas de la Société Générale». Christian Parisot, chef économiste chez Aurel BGC, explique néanmoins que «il y a d'autres techniques» pour spéculer à la baisse.

L'Italie, l'Espagne et la Belgique sont également concernées par ces mesures. L’Esma, qui ne peut interdire les ventes à découvert de titres souverains qu'avec le consentement du régulateur national du pays concerné, indique que ces pays «ont fait cela pour restreindre les bénéfices que l'on peut tirer en diffusant de fausses rumeurs».

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