L'industrie européenne de la gestion est appelée à tirer profit du cadre de la régulation

le 07/07/2011 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Au forum Paris Europlace, le président de l'AMF a incité les sociétés à s'appuyer sur les marques UCITS et AIFM pour gagner de nouveaux marchés

C'est porteur d'un message volontariste que le président de l'AMF s'est adressé hier aux professionnels de la gestion d'actifs lors d'une table ronde organisée dans le cadre du forum financier de Paris Europlace. Tout en appelant les sociétés à «amortir les contrecoups» des nouvelles normes prudentielles et à se préparer aux efforts de régulation en matière de shadow banking, Jean-Pierre Jouyet leur a conseillé d'exploiter des opportunités de développement du cadre de régulation en cours d'achèvement ou encore à venir.

«Le principal défi pour vous, c'est de bâtir sur la notoriété de la marque UCITS pour gagner de nouveaux marchés et de reproduire avec la gestion alternative une même dynamique, afin de conquérir de nouveaux clients avec la marque AIFM», a-t-il déclaré. Selon le président de l'AMF, il s'agit donc à la fois d'accroître les efforts de compétitivité et de faire valoir que ces deux marques «remplissent les plus hautes exigences de protection des investisseurs».

Un enjeu qu'a également souligné Steven Maijoor, le président de l'Autorité européenne des marchés (ESMA). «Pour qu'une industrie soit viable et profitable, elle a besoin d'avoir la confiance de ses clients», a souligné l'ancien responsable de l'Autorité des marchés néerlandais. Un rappel en guise d'avertissement, l'ESMA ayant désormais le pouvoir d'interdire certains produits ou activités.

«Alors que l'interdiction d'un produit pourrait peser sur les bénéfices, peut-être que la question la plus appropriée que devrait se poser l'industrie est de savoir si elle devrait d'abord vendre certains produits complexes à des clients particuliers», a lancé Steven Maijoor. «Seule une relation de confiance solidement établie suscitera chez le client une demande pour des investissements plus risqués et plus rémunérateurs (...)», a jugé de son côté Jean-Pierre Jouyet.

Le président de l'ESMA a également relativisé les craintes de l'industrie sur le coût de la régulation. «La plupart des initiatives se basent sur une amélioration de la conformité avec des exigences existantes, ce qui devrait seulement se traduire par une hausse limitée des coûts pour les sociétés», a-t-il affirmé. Une prédiction que Philippe Marchessaux, à la tête de BNP Paribas IP, a dit ne pas partager.

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