Le vote grec offre une accalmie aux marchés

le 30/06/2011 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Alors que le parlement hellène a adopté le train de réformes, le plan de Paris continue à susciter le débat

Dans le bras de fer qui l’oppose à une frange de l’opinion grecque, le Premier ministre Georges Papandréou a remporté hier une première manche. Le Parlement a voté en faveur du plan d’austérité de 28 milliards d’euros à quatre ans concocté sous l’œil vigilant des créanciers internationaux. Il doit se prononcer aujourd’hui sur les modalités d'application de ces réformes. La nouvelle a été accueillie avec soulagement par les investisseurs, avec une hausse des valeurs bancaires et une détente de 150 pb des taux grecs à 2 ans.

En ayant franchi le test parlementaire, avec 155 voix contre 138, le programme d’austérité grec devrait débloquer le versement de la prochaine tranche d’aide de 12 milliards d’euros lié au plan de 110 milliards d’euros voté il y a plus d’un an. Une réunion extraordinaire de l’Eurogroupe dimanche abordera cette question. A plus long terme, il ouvre également la voie à un deuxième plan d’aide dans lequel le secteur privé apporterait une contribution significative.

Dans ce contexte, la proposition française dévoilée en début de semaine gagne en consistance. Ce plan verrait les créanciers privés de la Grèce renouveler 70% de leur exposition à la dette souveraine arrivant à échéance d’ici à 2014. Selon une source proche des négociations citée par Reuters, le plan «ne sera pas considéré comme étant de nature à déclencher des CDS. (...) Le problème au niveau des agences de notation et au niveau comptable est bien plus pressant».

De sources proches des banques allemandes, qui considèrent le scénario français comme une bonne base de discussions, des signaux positifs auraient toutefois été reçus des agences. «C'est tout ce qui fait le charme du plan français: il a été conçu de façon à être acceptable par les agences de notation», a relevé l'une des sources.

Berlin doit plancher sur le sujet aujourd’hui lors d’une rencontre avec le secteur bancaire. Les Allemands ne devraient pas manquer d’apporter leur grain de sel, en proposant de prendre en compte les obligations arrivant à échéance jusqu'en 2020. Barclays Capital soulignait hier que le plan français «n’aiderait certainement pas à restaurer la solvabilité de la Grèce, parce qu’il ne s’applique qu’à une fraction de la dette en circulation (aux titres arrivant à échéance entre 2010 et 2014, soit 105 milliards d’euros, et au sein de ce segment, uniquement pour les institutions qui décident de participer». Pour les stratégistes crédit de la Société Générale, «c'est une solution amicale pour les banques», mais qui exigerait une participation massive des investisseurs privés pour permettre à la Grèce de recevoir les 30 milliards de financement net promis.

Le mécanisme français prévoit que les banquiers et assureurs réinvestissent la moitié des titres arrivant à échéance dans des emprunts d’Etat à 30 ans, rémunérés à 5,5% l’an et complétés par un bonus indexé sur l’évolution du PIB grec. Pour l’autre moitié, environ 30% seront versés en cash et 20% réinvestis dans un «fonds de garantie» d’obligations zéro coupon à 30 ans notées AAA.

Dans un entretien à Die Zeit, l’Allemand Jürgen Stark, membre du directoire de la Banque centrale européenne, s’oppose néanmoins à toute forme de garantie publique. «Cela enfreindrait l'interdiction d'un soutien, c'est-à-dire la clause de non-sauvetage de l'article 125 du Traité de l'Union européenne», prévient-il, précisant qu’il n’est pas possible que les dettes d'un Etat membre soient reprises par les institutions européennes ou d'autres Etats membres.

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