L’eurozone accorde un sursis à la Grèce

le 20/06/2011 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Le déblocage de la nouvelle tranche reste conditionné à un accord sur le nouveau plan d’austérité

Les ministres des finances de la zone euro réunis depuis dimanche soir à Luxembourg débloqueront mi-juillet la cinquième tranche d’aide à la Grèce, sur le fondement du nouveau plan de rigueur en cours d’adoption à Athènes. Dans une déclaration publiée tôt ce matin, ils ont reconnu que «la Grèce a peu de chance de retrouver un accès au marché privé début 2012», comme le prévoyait le plan négocié l’an dernier. Ils assurent vouloir «définir début juilletles principaux paramètres d’une stratégie financière claire».

A leur arrivée à l’Eurogroupe dimanche soir, le Premier ministre luxembourgeois Jean-Claude Juncker et le ministre des finances néerlandais Jan Kees de Jager avaient cherché à calmer les attentes des marchés. «Il n'y aura pas d'accord aujourd'hui», avait indiqué le premier. Ce sera «très difficile», avait dit le second. Mais dans la soirée, on apprenait qu’une conférence téléphonique des ministres du G7 avait été improvisée, signalant l’inquiétude des Etats-Unis quant aux risques de contagion liés à la situation grecque.

Les ministres ont finalement mis au point une déclaration qui confirme un «prochain déboursement… mi-juillet» des 12 milliards d'euros prévu dans le premier plan au titre de la 5ème tranche d’aide. Mais le texte souligne la conditionnalité de cette aide, qui pourrait être confirmé par les chefs d’Etat et de gouvernement réunis en Conseil européen à Bruxelles les 23 et 24 juin.

La déclaration jette également les bases du second plan où le principe du volontariat est fortement réaffirmé. «Le financement additionnel requis sera financé à la fois par des sources publiques et privées», précise-t-il. «Les ministres saluent la poursuite de l’engagement volontaire du secteur privé sous la forme de ‘roll-over’ informel et volontaire de la dette grecque existante à maturité». Ils espèrent ainsi «une réduction substantielle du financement annuel dans le programme, tout en évitant un défaut sélectif de la Grèce».

La question était donc de savoir quels pourraient être les contours d’un compromis sur le second paquet qui n’entre pas nécessairement dans les détails techniques de son aspect le plus épineux: la participation du secteur privé.

Vendredi à Berlin, la chancelière allemande et le président de la République avaient esquissé les contours d’une telle participation, qui comprend quatre éléments principaux: participation volontaire des créanciers, exclusion d’un évènement de crédit, accord de la Banque centrale européenne et rapidité.

Pour Berlin, comme pour les Pays-Bas, la Finlande et la Slovaquie, farouches défenseurs de cette participation du secteur privé, la question des «incitations» à participer sera clé. Wolfgang Schäuble a rappelé que cette participation devait être substantielle. Au début de la semaine un porte-parole du ministre néerlandais des finances parlait de «20 à 30 %» de l’ensemble du paquet. Cependant, dans la mesure où l’implication du secteur privé est volontaire, il sera difficile de la définir a priori, a fait remarquer tôt ce matin Jean-Claude Juncker, le président de l’Eurogroupe, en quittant le Conseil.

Les travaux devaient reprendre ce lundi matin. L’accord sur le second plan pourrait intervenir le 11 juillet, date de la dernière réunion prévue de l’Eurogroupe avant la trêve estivale.

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