Le retour en grâce annoncé du Japon reste obscurci par la dette

le 16/06/2011 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

La BoJ anticipe un fort rebond de la production au troisième trimestre. Le programme expansionniste du gouvernement fait peser un risque sur les taux

La Banque centrale du Japon (BoJ) a estimé hier que la production manufacturière devrait fortement rebondir au troisième trimestre, les sociétés constatant une reconstitution de la chaîne de production plus rapide que prévu. Cet optimisme fait écho au rebond de 1,6% de la production industrielle en avril. Un niveau qui reste inférieur de 13,6% à celui d’avril 2010. L'enquête auprès des Observateurs de l'économie confirme ces meilleures perspectives, avec un rebond de l’indice des conditions futures à 44,9, un niveau très proche de celui observé avant le désastre.

Pour la BoJ, la contraction de 3,5% du PIB au premier trimestre est largement due aux perturbations de la chaîne de production. Le Crédit Agricole a ainsi révisé à la baisse ses prévisions de croissance pour 2011 de 1,4% à -0,1%, mais à la hausse pour 2012 de 1,9% à 2,5%, anticipant un effet positif de la reconstruction sur l’activité.

La BoJ a par ailleurs annoncé une extension de son programme de 3.000 milliards de yens de prêts à faible taux pour soutenir la croissance. Une ligne de crédit de 4,3 milliards d’euros sera ouverte en direction des banques, qui pourront ainsi chacune emprunter jusqu'à 50 milliards de yens avec un taux d'intérêt de 0,1% pour une période pouvant atteindre 4 ans.

Parallèlement, le gouvernement chercherait en outre à faire passer devant le Parlement une deuxième extension du budget de 2.000 milliards de yens (17 milliards d’euros). Mais l’opposition, qui possède la majorité à la chambre haute, fait pression pour une réduction des aides promises à Tepco pour l’aider à financer le dédommagement des victimes. Une annonce qui a pourtant permis au titre de rebondir de plus de 32% mercredi soir à 329 yens, soit encore 80% de moins que le cours au 11 mars dernier.

Les économistes s’attendent à une augmentation des émissions d’obligations d’Etat (JGB) afin de financer la reconstruction, alors que la dette du pays a atteint 226% de son PIB. Pour le moment, le Crédit Agricole estime que «l’épargne des entreprises et des ménages est suffisante pour financer le déficit public». Mais la banque s’inquiète d’une possible «forte remontée des taux si le gouvernement ne bénéficie pas de la coopération de la BoJ», qui peut agir beaucoup plus rapidement pour stabiliser les marchés financiers. A 1,15% mercredi, le taux 10 ans pourrait ainsi atteindre 1,50%.

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