La contribution des créanciers privés au plan grec au menu de l'Ecofin

le 15/06/2011 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

A dix jours d'un Conseil européen décisif, les ministres des Finances européens ont exposé leurs divergences sur l'implication du secteur privé

Mario Draghi le 14 juin 2011 à Bruxelles. Photo: Bloomberg

Un consensus sur la participation des investisseurs privés à un nouveau plan de soutien à la Grèce s'avère difficile à trouver tant les points de vue semblent divergents entre les partenaires européens réunis hier à Bruxelles pour un épilogue annoncé lors du Conseil européen des 23 et 24 juin. Alors que le ministre belge des Finances, Didier Reynders, a chiffré à 25 milliards d'euros la contribution potentielle des investisseurs privés à ce deuxième plan de soutien, son homologue allemand, Wolfgang Schaüble, a estimé qu'aucun progrès n'a été réalisé.

Soutenue par la Finlande et les Pays-Bas, l'Allemagne veut permettre aux créanciers privés d'échanger leurs obligations actuelles contre de nouvelles, dont la maturité serait prolongée de sept ans. Bien que le vice-ministre allemand des Finances, Steffen Kampeter, a assuré que Berlin «ne ferait rien qui est contre l'avis express de la BCE», cette mesure est combattue par l'institution de Francfort qui veut éviter à tout prix un événement de crédit.

«La BCE n'est pas favorable à une restructuration ou à une décote. Nous devrions exclure tout concept qui n'est pas simplement fondé sur le volontariat et qui présente des éléments de contrainte», a réaffirmé hier Mario Draghi devant le Parlement européen. Une «initiative de Vienne», qui consiste à maintenir une exposition volontaire à la dette souveraine par un accord de reconduction (rollover), respecterait cette exigence.

Pour jeter de l'huile sur le feu, le Financial Times évoque une note d'experts remise à la Commission européenne faisant état des risques d'un plan de restructuration sur le tissu financier grec. Et de préciser que si la BCE s'obstinait à ne pas accepter les obligations grecques comme collatéral, les Etats européens pourraient être amenés à fournir une rallonge de 20 milliards d'euros afin de recapitaliser les banques. «Des haircuts pourraient avoir des effets dévastateurs sur le système bancaire grec en particulier» souligne Natixis.

Aiguillonnés par un dérapage du déficit budgétaire sur les cinq premiers mois de 2011, à 10,275 milliards d'euros (contre un objectif de 9,072 milliards), les ministres européens ont promis de se retrouver dimanche à Luxembourg, mais ont déjà indiqué qu'il leur faudrait plus de temps que prévu pour trouver un accord faisant grimper le taux 10 grec à un record de 17,46% et baisser l'euro à 1,4415 contre dollar.

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