Le CME tente de freiner les ardeurs du marché pétrolier

le 11/05/2011 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

La maison mère du Nymex et du CBoT a relevé de 25% à 31% les marges initiales et de maintenance sur toute une gamme de futures sur produits pétroliers

Quelques jours à peine après l’argent, le Chicago Mercantile Exchange (CME) tente de freiner les ardeurs des investisseurs qui ont propulsé le prix du brut à un record de 113,93 dollars le baril le 29 avril dernier. Hier, la Bourse, propriétaire du Nymex et du Chicago Board of Trade (CBoT), a annoncé le relèvement sur le marché des futures des marges exigées des spéculateurs sur toute une gamme de produits pétroliers. Ainsi, celle demandée pour le WTI est passée de 6.750 à 8.438 dollars par contrat, soit +25%. Le CME a aussi appliqué cette hausse de 25% à la catégorie d'acteurs utlisant les produits à des fins de couverture, ce qu'il n'avait pas fait la semaine dernière avec l’argent.

La marge de maintenance du WTI, qui a subi le même régime, est passée de 5.000 à 6.250 dollars par contrat. Il s'agit de la marge minimum à respecter par les traders. Lorsque la valeur du titre dans leur compte chute en dessous de ce seuil, un appel de marge est lancé obligeant les spéculateurs à restaurer leur compte sous forme de dépôts au niveau initial. Pour l’essence et le fioul domestique, le renchérissement a été de 31,5% et 21,7% à 8.438 et 9.450 dollars respectivement.

Avec un dollar partiellement corrélé négativement vis-à-vis du brut, le rebond du billet vert a coïncidé avec la chute de 10% du prix du WTI entre le 2 mai et lundi. La monnaie américaine s’est appréciée de 3,2% face à l'euro depuis le début du mois. Mais le CME devra probablement davantage durcir le ton s’il veut éviter une nouvelle hausse frénétique des prix pétroliers. Si la décision a permis de faire reculer le cours du baril de 2,37% à 100,12 dollars, celui-ci a rebondi en fin de séance à 103,2 dollars: les opérateurs ont craint que les inondations dans le Mississippi n'affectent une dizaine de raffineries situées entre la Nouvelle Orléans et Bâton Rouge, soit 13% de la production américaine.

Et le fait que les positions nettes acheteuses spéculatives de brut restent élevées à 293.823 contrats le 3 mai, contre un record de 311.632 contrats le 8 mars plaide difficilement en faveur d’une nouvelle correction du prix de l'or noir. L’évolution de la demande et des stocks aux Etats-Unis pourront éventuellement freiner cette dynamique haussière. Ces derniers ont été publiés en hausse à un record de 366.546 barils fin avril.

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