« La fin de l’assouplissement quantitatif de la Fed est déjà intégrée par le marché »

le 09/05/2011 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Benjamin Le Roux, coresponsable de la gestion taux chez Lazard Frères Gestion

L'Agefi: L'inflation peut-elle accélérer la remontée du taux directeur dans la zone euro?

Benjamin Le Roux: Lors de sa dernière conférence de presse, Jean-Claude Trichet a rappelé que la Banque centrale européenne conduit la politique monétaire pour l’ensemble de la zone euro et non pas par rapport à la situation de certains pays. Celle-ci repose donc sur une analyse des évolutions des agrégats pour toute la zone. Or ceux-ci ne plaident pas pour une remontée beaucoup plus rapide que ce qui est actuellement anticipé par les marchés, correspondant à deux à trois hausses de 25 pb d’ici à la fin de l’année. L’essentiel de l’accélération des prix qui a amené l’inflation à 2,7% sur un an provient de la hausse des matières premières. Hors alimentation et énergie, la progression n’est que de 1,3%. Les pressions inflationnistes provenant des coûts salariaux devraient rester faibles pour l’ensemble de la zone, du fait d’un taux de chômage toujours proche de 10%.

Quel effet aura la fin du programme d'assouplissement quantitatif de la Fed sur les taux?

La fin de la deuxième phase d’assouplissement quantitatif de la Fed en juin ne devrait pas avoir d’impacts significatifs sur les taux car elle est pleinement intégrée par le marché du fait d’une communication très transparente de la Fed. Les taux longs devraient poursuivre leur remontée justifiée par l'amélioration de la conjoncture, même si les derniers chiffres sont un peu décevants et laissent entrevoir un trou d'air au premier semestre, notamment à cause de l'augmentation du prix du pétrole.

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