Athènes prépare le terrain à une nouvelle sollicitation de l'aide européenne

le 09/05/2011 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Le Premier ministre grec a évoqué ce week-end l'éventualité d'un recours au Fonds européen de stabilité financière à compter de 2012

Au lendemain d'une réunion informelle des ministres des Finances européens au Luxembourg, au cours de laquelle la situation de la Grèce a été débattue, George Papaconstantinou a exprimé son point de vue et ses souhaits. «Les marchés continuent de ne pas croire en notre pays», a déclaré samedi le ministre grec des Finances. Une manière de sous-entendre que la perspective d'un retour sur les marchés de capitaux l'année prochaine s'éloigne de plus en plus. «Nous devons désormais finaliser les procédures afin de pouvoir emprunter en 2012 et 2013 auprès du Fonds européen de stabilité financière (EFSF) (...)», a-t-il déclaré. C'est la première fois qu'un responsable politique évoque publiquement cette éventualité.

Interrogé sur la BBC, le ministre britannique des Finances a confirmé ce scénario. «Nous allons devoir regarder le plan d'aide à la Grèce et voir ce qu'ils peuvent faire afin de franchir le cap l'année prochaine, mais cela pourrait impliquer un soutien supplémentaire venant, par exemple, de la zone euro», a déclaré George Osborne. «Nous ne voulons assurément pas participer à un deuxième sauvetage de la Grèce», a-t-il assuré. Athènes a besoin de lever de 25 à 30 milliards d'euros l'an prochain afin de faire face à des échéances de remboursement qui ne seraient pas couvertes par le plan de sauvetage actuel de 110 milliards d'euros conclu avec ses partenaires européens et le Fonds monétaire international.

Les discussions vont se poursuivre dans les semaines autour de plusieurs pistes. Athènes pourrait bénéficier d'un nouvel allongement de sa dette pour les échéances de 2012 et 2013, voire d'un abaissement des taux d'intérêt. L'Union européenne pourrait également exiger du collatéral, tiré d'actifs ou de la vente d'actifs, en contrepartie d'un soutien renforcé. Une idée lancée l'année dernière par la Finlande. Officiellement, le président de l'Eurogroupe, Jean-Claude Juncker, a démenti vendredi soir toute restructuration de la dette grecque. «Nous pensons que la Grèce a besoin d'un programme d'ajustement approfondi», a néanmoins jugé le Premier ministre luxembourgeois. En tout état de cause, la sortie du pays de la zone euro ne figure pas au rang des options. «La question d'un désengagement n'a pas été soulevée et ne le sera pas», a martelé George Papaconstantinou.

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