Les prix des métaux sous la menace d'une baisse de la demande émergente

le 06/05/2011 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Les cours du zinc, de l'étain, du cuivre et du plomb ont chuté de 2 à 6% hier, suite aux craintes d'un ralentissement de l'économie mondiale

Après des mois de mars et avril difficiles suite au désastre japonais, les métaux de base font aujourd'hui les frais des craintes d’un ralentissement de l'économie mondiale, Chine en tête. A l'instar du pétrole (le prix du baril WTI perdait 8,64% à la clôture à 99,80 dollars), des métaux précieux et des matières premières agricoles, les métaux industriels ont vu hier leurs cours chuter à l'unisson.

Le zinc a subi une chute de 5,4%, l’étain de 4,2%. La correction atteint les 2,5 % pour le zinc, le cuivre et le plomb. L'aluminium n'a reculé que de 1,6%. La correction du cours du zinc atteint 8,4% depuis le 1er avril et 10,7% en 2011. Pour le plomb, la contraction respective atteint 9% et 4%. Pour autant, 2011 reste encore un bon millésime pour l’étain (+15%), l’aluminium (+11,4%), et le nickel (+4%). A l'inverse du zinc, du cuivre (-5%) et du plomb.

«Le changement du sentiment général du marché a commencé avec les données ISM du secteur non-manufacturier aux Etats-Unis, plus faibles que prévu, suivies des commentaires hier du vice-ministre des Finances chinois réitérant la priorité des autorités de continuer à recourir à des mesures de resserrement monétaire jusqu’à ce que l’inflation se modère aux niveaux cibles», explique Barclays. L'indice PMI manufacturier chinois a reculé passant de 53,4 en mars à 52,9 en avril, indiquant que les mesures de durcissement monétaire commencent à affecter l'économie réelle. Ressortie en mars à 5,4% contre une cible de 4 %, l'inflation est attendue en hausse en avril. La Chine, qui a relevé par quatre fois ses taux depuis octobre, pourrait durcir le ton en mai au risque d'affecter la demande pour les métaux de base.

Le ralentissement à prévoir chez les émergents pèse aussi sur le sentiment. Après le Brésil le mois dernier, l’Inde, a relevé cette semaine ses taux de 50 pb à 7,25%, contre 25 pb à 3% pour la Malaisie et 100 pb à 14% pour le Vietnam. «La croissance de la demande mondiale pour les matières premières est dirigée par la Chine mais aussi par les autres économies émergentes», précise Catherine Raw, gérante matières premières chez BlackRock. Selon Deutsche Bank, à fin mars, la demande chinoise pour le zinc, l’aluminium, le cuivre, le nickel représentait en proportion de la demande mondiale 40%, 39%, 37% et 32%. Ces parts étaient de 27%, 26%, 31% et 22% pour les autres pays émergents, le solde étant attribué aux pays de l'OCDE.

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