La Grèce retarderait une restructuration plus profonde en rééchelonnant sa dette

le 04/05/2011 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Une extension des maturités serait moins douloureuse dans l'immédiat qu’une décote pour les créanciers du pays

L’idée d’une restructuration douce, à savoir un rééchelonnement de la dette grecque, fait son chemin. L’échéancier de l’aide consentie il y a un an par le FMI et l’Union européenne pourrait une nouvelle fois être revu. Lundi, le ministre des Finances grec, George Papaconstantinou, en a émis le souhait. Ensuite, une extension de la maturité de la dette publique grecque a pour la première fois été évoquée par un membre du conseil des gouverneurs de la BCE, Nout Wellink. «La probabilité d’une restructuration de la dette grecque cette année a augmenté», estime David Mackie, responsable de la recherche économique pour l’Europe de JPMorgan.

Un allongement de la maturité des obligations grecques présenterait en effet des avantages. La Grèce d’abord verrait ses besoins de financement diminués pour les années à venir. Le FMI et l’Union européenne ensuite n’auraient pas besoin de débloquer de nouveaux fonds pour que la Grèce puisse faire face à ses échéances en 2012 et 2013. Les Etats de la zone euro verraient donc leur exposition à Athènes limitée à 77 milliards fin 2013 contre 142 milliards dans le scénario actuel, selon les calculs de JPMorgan. Ils seraient donc moins lourdement affectés par une restructuration de la dette grecque dans son ensemble si elle avait lieu fin 2013, explique David Mackie. Les créanciers d’Athènes enfin, en particulier les banques domestiques, n’auraient pas à déprécier leurs portefeuilles de dettes souveraines, alors qu’elles y seraient contraintes en cas de décote (haircut) sur les obligations d’Etats grecques.

L’extension des maturités est cependant loin d’être la solution idéale, d’après les économistes. Pour JPMorgan, elle sera probablement le prélude à une restructuration avec décote en 2013. Une opinion partagée par les spécialistes de BNP Paribas. «Si la Grèce est contrainte d’opter pour un rééchelonnement afin de résoudre ses problèmes de trésorerie à court terme, plutôt que de mettre en place un nouveau financement avec le FMI et l’UE, ceci laissera entendre que l’UE et le FMI doutent de la pérennité de la dette grecque», expliquent-ils. Les marchés supposeront alors qu’une nouvelle forme de restructuration devra suivre, cette fois-ci avec une décote. Compte tenu des conséquences d’une telle décote, les économistes de BNP Paribas estiment que la probabilité d’un rééchelonnement est moins probable que les marchés ne l’anticipent actuellement.

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