L’arrivée de Sustainalytics à Paris illustre la vigueur de l’analyse ISR en France

le 26/04/2011 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Les encours y ont progressé de 42 % en 2010. Les investisseurs français sont particulièrement attentifs aux aspects sociaux

Le marché français de l’analyse extra-financière, destinée à l’investissement socialement responsable (ISR), compte un nouvel acteur: le néerlandais Sustainalytics s’implante à Paris. Le groupe, qui suit 150 valeurs françaises, a nommé Antonio Celeste pour couvrir les relations avec les clients établis en France, en Belgique, en Suisse et en Italie. Il a été débauché chez Vigeo, la principale agence dans l’Hexagone.

«La France est l’un des marchés les plus importants au monde pour la qualité de sa recherche et le niveau d’exigence des investisseurs institutionnels», affirme le directeur des relations institutionnelles. La croissance des encours des fonds ISR ne se dément pas, portée notamment par la conversion de véhicules classiques à ces critères. Selon Novethic, les encours des OPCVM ISR distribués en France ont progressé de 42% en 2010, à 48 milliards d’euros. «Chaque grand marché a ses particularités. Les investisseurs français font preuve d’une grande maturité sur le volet social, alors que les Anglo-saxons privilégient les questions de gouvernance et les Allemands sont plus axés sur l’environnement», indique Antonio Celeste.

Alors que le marché était balbutiant au début des années 2000, il est déjà entré en consolidation ces dernières années. La concentration s’est poursuivie en 2010 avec l’acquisition de RiskMetrics par le spécialiste des indices MSCI. Le phénomène a permis l’émergence d’acteurs internationaux, voire mondiaux. Sustainalytics en est un exemple. Issue du réseau Siri Company, dissout en 2008, l’agence est née de la fusion du néerlandais DSR, de l’allemand Scoris et de l’espagnol AIS. Elle fusionne en 2009 avec le canadien Jantzi Research.

La concentration du marché est dictée par la nécessité d’atteindre une taille suffisante pour être rentable. «L’analyse ISR est devenue un marché mondial, qui requiert une recherche internationale. Aujourd’hui, les clients réclament la couverture des pays émergents, des valeurs moyennes, de l’obligataire…», explique Antonio Celeste. En dix ans, le secteur a surfé sur les crises (internet puis financière), les scandales (Enron…) et les catastrophes (Deepwater dans le Golfe du Mexique…). Selon ses partisans, l’ISR améliore la gestion des risques des portefeuilles, donc leur performance. Ils citent l’exemple de Tepco, l’exploitant de la centrale nucléaire de Fukushima, dont les sous-investissements avaient été pointés du doigt par l'analyse ISR.

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