« Les divergences sur l'inflation au sein de la Fed nourriront son statu quo »

le 26/04/2011 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Christian Parisot, chef économiste chez Aurel BGC

L'Agefi: Selon vous, la BCE est-elle entrée dans un véritable cycle de hausse des taux ?

Christian Parisot: Sans aucun doute. Il ne faut pas oublier que la crise des subprimes trouve son origine dans le maintien de taux d’intérêt trop bas, trop longtemps, incitant les investisseurs à prendre «trop de risque» pour obtenir du rendement. De plus, la BCE soutient encore le système bancaire en acceptant un nombre importants de collatéraux aux opérations de refinancement et offrant toute la liquidité demandée. La politique monétaire reste très accommodante en direction des banques. Cette hausse des taux directeurs vise plus à asseoir la crédibilité de la banque centrale qu’à affecter la liquidité dans l’économie.

L’inflation aux Etats-Unis peut-elle amener la Fed à relever les Fed Funds cette année ?

Le débat est fort au sein de la Fed entre les «colombes» et les «faucons». Il porte essentiellement sur la notion «d’inflation». Certains membres souhaiteraient que la banque centrale concentre son attention sur l’indice d’ensemble et non le noyau dur. D’autres focalisent leur attention sur les anticipations d’inflation. La pente de la courbe des taux historiquement forte est perçue comme une perte de crédibilité de la banque centrale. Enfin, les colombes ne regardent que le noyau dur de l’indice des prix, qui vient de dépasser péniblement les 1% de hausse sur un an. Sachant qu’une partie de l’indice des prix est indirectement affectée par la baisse des prix dans l’immobilier, le risque inflationniste est faible avec cette mesure. Toutes ces divergences au sein du FOMC vont se traduire par un statu quo pour les prochains mois en attendant de pouvoir trancher sur l’existence ou non d’un risque inflationniste…

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