L'Eonia reste calé sous le taux directeur de la BCE

le 15/04/2011 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

A la suite du resserrement monétaire et de l'entame de la nouvelle période de maintenance des réserves, le taux s'est tendu mercredi de 33 pb à 1,139 %

Effective en date du 13 avril, la hausse du taux de la BCE de 25 pb à 1,25% a tiré l’Eonia vers le haut. Le taux quotidien des dépôts interbancaires s’est tendu mercredi de 33 pb à 1,139%. L’Euribor 3 mois, lui, est resté stable à 1,32%. Le 1er février, le premier taux avait touché un plus haut de 1,31% suite à la baisse de l'excédent de liquidité au sein du système bancaire de la zone euro et du retard de nombreuses banques sur le processus de maintenance des réserves.

Malgré sa remontée, le taux monétaire se situe 11 pb en dessous du refi, contre 16 pb au début de la période de maintenance précédente. «La normalisation du marché monétaire passe par un Eonia au-dessus du refi. Ce qui n’est actuellement pas le cas, explique Patrick Jacq, stratégiste taux de BNP Paribas. Pour autant, la remontée de l’Eonia est logique par rapport à la période de "front loading" au cours de laquelle les banques alimentent leurs réserves bien au-delà de leurs besoins pour éviter d’être sous pression en fin de période de maintenance».

Alors que les opérations de refinancement de la BCE ont rebondi à 401,6 milliards (hors achats de dettes souveraines) après avoir touché la veille un plus bas depuis juin 2004 de 311 milliards, les détentions de liquidités par les banques, déduction faite des dépôts (9,2 milliards) et des facteurs autonomes (170 milliards), s’établissent à 222,5 milliards face à des exigences de réserve moyennes de 208,2 milliards. Le surplus de liquidité ressort à 14,3 milliards (contre 30 milliards il y a un mois) et poursuit sa baisse.

La normalisation est loin d’être acquise, Patrick Jacq soulignant que «50 % des allocations illimitées de fonds à taux fixe de la BCE sont à destination des zones les plus fragiles, qui comprennent les banques irlandaises, portugaises et grecques». «Tant que des banques se présenteront aux allocations à 7 jours (MRO), les conditions de liquidités ne pourront être considérées comme normales et l’Eonia restera volatil», note un trésorier. Mardi, 161 banques ont demandé 94,1 milliards à 7 jours à 1,25%. A la fin de la période de maintenance précédente, les injections à 7 jours faites à 1% s’élevaient à 84,5 milliards.

Tandis que l’Eonia devrait rester sur ces niveaux quelques jours avant de se détendre, l’Eonia anticipé dans 12 mois s’établit à 2,071%, soit une hausse de 93 pb suggérant un refi, dans un an, à 2,18%, soit trois à quatre hausses de 25 pb.

A lire aussi