Les banques européennes céderont lentement leurs actifs non stratégiques

le 15/04/2011 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Elles pourraient mettre plus de dix ans pour se débarrasser de 1.300 milliards d’euros d’actifs comprenant des prêts improductifs, selon une étude de PwC

Incitées par les nouvelles régulations de Bâle 3 à réduire la taille de leur bilan, les banques européennes pourraient mettre plus de dix ans à se débarrasser de plus de 1.300 milliards d’euros d’actifs considérés comme non stratégiques, selon une étude tout juste publiée par PricewaterhouseCoopers (PwC). Le marché des fusions et acquisitions du secteur bancaire en Europe a en effet atteint «en moyenne 70 milliards d’euros par an entre 2003 et 2010».

Ces actifs sont constitués de créances diverses (prêts à la consommation ou hypothécaires, prêts aux entreprises) ou de biens immobiliers commerciaux. Ils incluent des prêts non productifs («non performing loans») qui ont encore augmenté en Europe de 15 % l’an dernier pour atteindre un montant estimé à 781 milliards d’euros. L’Allemagne est en tête de liste avec des crédits improductifs chiffrés à 225 milliards, devant le Royaume-Uni à 175 milliards.

Arrivent ensuite l’Irlande et l’Espagne avec respectivement 109 et 103 milliards d’euros de créances douteuses, et loin dernière l’Italie (76 milliards). Bien que le rythme de cette hausse soit plus faible que durant la période 2008-2009 où il avait atteint 64%, «l’impact de taux d’intérêts plus élevés, combiné aux mesures d’austérité prises dans de nombreux pays, renforce l’incertitude concernant la capacité future des entreprises et des ménages à faire face à leurs obligations financières», relève l’étude.

Ces actifs n’ont pas fait l’objet d’une cession rapide en raison d’un écart significatif entre les attentes des vendeurs et des acheteurs en termes de prix, sans oublier le temps important nécessaire à la collecte des informations, notamment pour des opérations portant sur des infrastructures. Des difficultés de financement pour des transactions de grande ampleur ont également freiné l’appétit des acquéreurs potentiels. Les banques ont donc préférer céder en premier lieu «des portefeuilles de créances homogènes ou leurs actifs les plus liquides», souligne Richard Thompson, associé chez PwC.

Les aides gouvernementales massives accordées aux banques durant la crise ont en outre souvent permis à celles-ci «d’éviter de céder des actifs dans l’urgence». Les créances issues de montages financiers complexes seront celles qui prendront le plus de temps pour être allégées, concluent les analystes de PwC.

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