La montée de l’inflation sonne le glas de la guerre des changes

le 14/04/2011 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Réunis en Chine, les BRICS (Brésil, Russie, Inde, Chine et Afrique du sud) ont dénoncé la volatilité excessive du prix des matières premières

Une guerre se substitue à une autre dans les pays émergents. Réunis pour la troisième fois, les dirigeants du Brésil, de la Russie, de l’Inde et de la Chine, les fameux BRIC, auxquels se joint cette année l’Afrique du Sud, ont ouvert aujourd’hui dans l'île chinoise de Hainan leur sommet annuel sur une note nouvelle. Soucieux il y a un an de ne pas voir une appréciation trop rapide de leur monnaie compromettre le rythme de leur croissance économique, c’est aujourd’hui la montée de l’inflation qui domine leurs préoccupations.

Dans un communiqué, les BRICS, qui représentent 40% de la population mondiale et 18% du PIB de la planète, pointent du doigt la volatilité excessive du prix des matières premières, qui «pose de nouveaux risques à la reprise actuelle de l’économie mondiale». Et de militer pour que la régulation des marchés dérivés soit «renforcée afin d’éviter qu’ils ne viennent déstabiliser les marchés». La Chine est le plus gros importateur de soja et consommateur énergétique, alors que l’Inde reste très exposée à la volatilité des prix alimentaires.

L’inflation est devenue la priorité absolue des pays émergents. Malgré les politiques de resserrement monétaires, l’inflation en Chine était de 4,9% en février. En Inde, elle a atteint 8,31% en février, au Brésil elle était de 6,3% en mars et en Russie le gouvernement prévoit une hausse des prix à la consommation comprise entre 7 à 8% en 2011. Et le FMI d’avertir sur les effets de transmission de la hausse des prix des matières premières à l’économie réelle. «En Chine, les pressions sur les prix, qui ont commencé par un petit nombre de produits alimentaires, se sont étendues à d'autres dépenses, dont le logement».

Et le monde émergent de commencer à utiliser l’appréciation de la monnaie comme une arme de lutte contre l’inflation. Les autorités chinoises ont ainsi laissé la parité du yuan s’apprécier à 6,5334 contre dollar, contre 6,83 en juin 2010. Et le Brésil de laisser la parité du real franchir le seuil psychologique de 1,60 contre dollar, à 1,5947, soit une appréciation de 6,5% en l’espace d’un mois.

C’est dans cette logique que les BRICS ont salué les discussions engagées sur les Droits de tirage spéciaux (DTS), l'unité de compte du FMI. Et de se prononcer également en faveur d'un système de devises de réserve internationales élargi, c'est-à -dire une moindre dépendance au dollar.

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