Le fonds de pension norvégien prend ses distances avec l’Europe en crise

le 12/04/2011 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Le véhicule prévoit de réduire son exposition aux actifs du Vieux Continent et de renforcer ses investissements dans les pays émergents

Les intérêts de la Norvège dépassent les frontières européennes. Dans un rapport, le gouvernement norvégien a annoncé son intention de réduire son exposition au marché européen au profit des actifs émergents au travers de son fonds souverain qui totalise plus de 3.090 milliards de couronnes norvégiennes, soit environ 396 milliards d'euros. «Nous n’avons pas de calendrier exact (pour la réduction de notre position), mais notre exposition à l’Europe est surpondérée depuis le départ du fait que la zone est notre principal partenaire commercial» estime le Premier ministre, Sigbjoern Johnsen, dans un entretien accordé à Reuters.

En effet, 60% des capitaux du fonds générés par les revenus de la manne pétrolière sont investis en actions et environ 40% en obligations. Dans son rapport annuel, le fonds rapporte une performance de ses actifs de 9,6% en 2010, tirée par le rendement des actions (de 13,3%) plus que par celui des obligations (de 4,1%). La volonté de renforcer la part d’actions dans son portefeuille devrait pénaliser l’Europe, le fonds allouant 60% de son portefeuille obligataire aux titres européens.

Si Oslo n’attribue pas cette évolution dans sa stratégie d’actifs à la crise de la dette souveraine européenne compte tenu de la perspective d’investissement de long terme du fonds, il prend cependant acte des perspectives plus attrayantes des zones émergentes. «En considérant l’économie mondiale, l’Asie joue aujourd’hui un rôle sensiblement plus important qu’il y a cinq ou dix ans, il est donc clair que l’évolution des rapports de force se reflètera dans le portefeuille du fonds souverain norvégien» précise Sigbjoern Johnsen. Le fonds compte notamment participer aux forts besoins en infrastructures des pays émergents au travers des financements de routes ou aéroports.

L’augmentation des encours dans les années à venir devraient néanmoins permettre de ne pas avoir à céder des actifs européens pour rééquilibrer son portefeuille. Le fonds norvégien prévoit un doublement de ses encours à horizon 2020, ce qui laisse une marge de manœuvre. «Le transfert attendu de revenus pétroliers dans le fonds dans les années à venir devrait permettre de réaliser les arbitrages souhaités au travers des nouveaux investissements, sans avoir besoin de vendre nos positions européennes déjà en portefeuille» a indiqué le gouvernement.

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