L'Europe étudie des limites de positions sur les marchés de matières premières

le 11/04/2011 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Une proposition en ce sens a été entérinée samedi par les ministres européens des Finances. La Commission européenne travaille sur le sujet

Dans le sillage des Etats-Unis, l'Europe s'attaque à la régulation des marchés de matières premières. Les ministres européens des Finances, réunis vendredi et samedi au château de Gödöllö (Hongrie), ont adopté une proposition visant à limiter les abus de marchés. Selon les conclusions de la réunion, ils plaident pour la création d'un «régime effectif pour identifier et prévenir les abus de marchés, en particulier les manipulations inter-marchés en marchés physiques et en marchés de dérivés».

«Nous avons besoin de mécanismes pour permettre une bonne régulation», a renchéri la ministre française de l'Economie, Christine Lagarde. «Cela veut dire des limites de positions pour éviter que des faiseurs de marchés tiennent des positions trop importantes», a-t-elle souligné. La France a fait de cette régulation des marchés de matières premières l'un des enjeux majeurs de sa présidence du G20 en 2011. Les recommandations formulées ce week-end devraient d'ailleurs constituer le socle de la doctrine européenne sur ce dossier lors d'une réunion des ministres des Finances du G20 mi-avril à Washington, en marge des réunions de printemps du Fonds monétaire international.

Michel Barnier, le Commissaire européen au marché intérieur, a confirmé vendredi que ses services travaillaient sur cette proposition et qu'elle serait examinée dans le cadre de la révision de la directive sur les instruments de marchés (MiFID). Concrètement, elle doit permettre aux régulateurs nationaux, sous la baguette du nouveau superviseur européen des marchés (Esma), de mettre en oeuvre des limites de positions.

Les Etats-Unis ont déjà commencé à faire leur propositions. En décembre dernier, la CFTC a dévoilé un cadre de régulation visant à limiter les volumes de contrats à terme et de swaps «économiquement équivalents» que peuvent détenir les intervenants sur les marchés de l'énergie, des métaux et des produits agricoles. Le régulateur américain défend une ligne dure, entendant fixer des limites «volontairement élevées pour assurer une liquidité suffisante au marché». Mais le chantier a pris du retard, la collecte de données prenant plus de temps que prévu, et ne devrait être finalisé que début 2012. D'ici là, Paris tentera de pousser au sein du G20 son approche mondiale dans la lutte contre la spéculation sur les matières premières, mise en cause dans la hausse des prix alimentaires.

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