Le Parlement européen redoute les effets politiques de la situation économique

le 29/03/2011 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Dans un rapport débattu hier, les élus déplorent une absence de vision au sein de l'UE et s’interrogent sur l’acceptabilité des décisions des dirigeants

Toutes les conséquences de la crise n’ont pas encore été tirées, estiment les députés européens. Un rapport débattu hier à Bruxelles et qui doit être adopté fin mai suggère que la crise «met en évidence un manque de confiance et une absence de vision au sein de l’Union européenne». Cette position élaborée au sein de la commission spéciale sur la crise financière, économique et sociale, trahit une préoccupation grandissante dans les rangs des élus européens sur les effets politiques de la situation économique. Le débat arrivait au lendemain d’un week-end électoral en France et en Allemagne où les partis majoritaires ont été sanctionnés dans les deux pays. «L’idée que la crise économique peut déboucher sur une crise politique était sur toutes les bouches», a dit hier l’eurodéputé socialiste Pervenche Berès chargée de rédiger le rapport. «Comment est-il possible que le Portugal ne connaisse pas une crise politique, alors qu’il en est à son quatrième plan d’austérité en un an?», s’interroge-t-elle.

La réaction des parlements nationaux, consultés pour l’élaboration du rapport, à l’exercice de coordination budgétaire lancé sous la forme du «semestre européen», inquiète également les élus européens. «Il ne faudrait pas cela se réduise à une nouvelle version des GOPE [grandes orentations de politique économique] assortie de sanctions», dit-elle. Les GOPE avaient été mises en place lors d’une précédente réforme du Pacte de stabilité et de croissance mais elles n’avaient pas permis d’assurer la convergence économique visée. L’«appropriation» de la nouvelle gouvernance par les classes politiques nationales n’est pas acquise.

Le rapport sera encore débattu dans les semaines à venir et voté avant l’été. Il formule une série de propositions «intégrationnistes» allant de la mise en place d’émissions communes en zone euro à un début d’harmonisation fiscale en passant par la création d’un budget commun européen «de 5 à 10% du PIB» compensé par une réduction des budgets nationaux. Il revient également sur «les coûts sociaux» de la crise. L’Union européenne a perdu 23 millions de postes d’actifs et 17% des Européens ont un revenu inférieur à 60% du salaire médian dans leur pays, ce qui est considéré comme une situation de pauvreté.

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