Les rapatriements de capitaux au Japon renforceront le yen face au dollar

le 15/03/2011 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Réalisés par les assureurs vie et les entreprises japonaises dont l'année fiscale touche à sa fin, ils compenseront les sorties de capitaux étrangers

Photo: Bloomberg

Après le tremblement de terre et les tsunamis au Japon, le yen est soumis à des forces contradictoires. Après une première réaction négative face au dollar, la devise japonaise s’est réappréciée, le dollar/yen passant, entre vendredi et lundi, de 83,30 à 80,62. L’injection de 15.000 milliards de yens par la Banque du Japon (BoJ) a permis hier de faire remonter la parité à 82,45.

«Comme c’est arrivé lors de crises passées, le rapatriement de capitaux peut causer une nette appréciation du yen», note SG CIB. D’après Citi, le Japon a des actifs à l’étranger pouvant être rapatriés pour financer la reconstruction, période qui serait celle d'un rebond de la croissance et soutiendrait le yen. A une limite près cependant à moyen terme: «les entreprises peuvent décider de reconstruire ailleurs qu’au Japon. La force du yen les a déjà amenées à délocaliser. Maintenant qu’il y a une capacité supplémentaire à remplacer, l’expansion des flux directs d’investissements vers l'étranger pourrait s’accélérer», nuance Citi.

Le rapatriement de capitaux japonais devrait largement compenser les sorties des capitaux étrangers positionnés sur les actions et actifs japonais déclenchées depuis la catastrophe. Relevant que les étrangers ont été acheteurs d’actions japonaises depuis deux ans à hauteur de 824 milliards de yens (10 milliards de dollars), Crédit Agricole CIB note que la hausse du yen s’explique par les anticipations de rapatriement des flux par les sociétés d'assurance vie japonaises, qui devront liquider leurs actifs à l’étranger pour assurer leurs paiements au Japon. D’après la banque, le potentiel est énorme vu que le pays détient près de 6.800 milliards de dollars à l’étranger, à rapporter aux premières estimations des pertes assurées, qui s’élèveraient jusqu’à 35 milliards.

Même si la dégradation de la situation budgétaire du Japon défavorise le yen, Nomura voit ces mouvements de flux favoriser temporairement la devise. La banque nippone évoque le risque que le dollar/yen casse le plancher des 80. Et dans ce cas, le spectre d’une nouvelle intervention de la BoJ sur les changes pourrait clairement ressurgir. Le 8 mars, les positions nettes spéculatives étaient encore acheteuses de yen contre dollar avec 16.656 contrats, contre 41.274 une semaine plus tôt.

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