L'Opep envisage une baisse de la demande de pétrole au deuxième trimestre

le 14/03/2011 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Ce facteur favorable à une accalmie sur les cours est contre-balancé par l’instabilité au Moyen-Orient et en Afrique du Nord

Le dernier rapport mensuel de l’organisation des pays producteurs de pétrole (Opep) se veut relativement rassurant après la brutale montée des cours provoquée par les affrontements en Libye. Le brut européen est passé de 103 dollars mi-février à 116 dollars début mars tandis que le brut américain a lui aussi franchi le seuil de 100 dollars. «Les événements au Moyen-Orient et en Afrique du Nord et la prime de risque associée ont poussé les cours du brut à leurs plus hauts niveaux depuis septembre 2008», rappelle l’Opep qui a relevé sa production en février. Elle a augmenté de 110.000 barils par jour pour atteindre 30 millions de barils par jour.

Au second semestre, l’organisation anticipe des forces opposées sur le marché du pétrole. D’un côté, la saisonnalité, avec la fin de l’hiver dans l’hémisphère nord, et la récente hausse des cours, pourrait contribuer à une baisse de la demande pour le brut des pays de l’Opep. Elle atteindrait 28,7 millions de barils par jour, soit 400.000 de moins qu’au premier trimestre. Sur l’ensemble de l’année, l’Opep n’a modifié sa prévision de la demande qu’à la marge depuis le mois de février.

D’un autre côté, le marché serait perturbé si les instabilités politiques au Moyen-Orient et en Afrique du Nord se traduisaient par de nouvelles interruptions de production qui n’étaient pas compensées par un relèvement de la production dans d’autres pays. Toutefois, les stocks sont importants dans les pays de l’OCDE. Ils sont passés d’un niveau normal de 53 jours à 58 jours.

«Malgré le début d’une période de faible demande, les récentes perturbations pourraient susciter une certaine anxiété sur le marché, ouvrant la voie à davantage de spéculation», explique l’Opep dans son rapport. Mais l’organisation rappelle qu’elle suit de près les évolutions du marché du pétrole et se tient «prête à agir, si nécessaire, pour assurer la stabilité du marché». L’organisation précise qu’elle peut fournir si besoin jusqu’à 6 millions de barils par jour supplémentaires.

Reste à savoir si ces éléments suffiront à calmer l’engouement des marchés financiers pour l’or noir. Sur les 36 analystes interrogées récemment par Bloomberg, 15 tablent sur une hausse des cours du pétrole et autant sur une baisse tandis que 6 prévoient une stabilisation.

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