La Fed est attendue sur l'inflation et l'assouplissement quantitatif

le 14/03/2011 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Malgré la crise pétrolière, le scénario d'un énième statu quo monétaire aux Etats-Unis, mardi, est privilégié par les marchés

Lors de sa réunion de demain, la Fed notera probablement l’embellie de l’activité américaine. A la lecture des récentes enquêtes ISM, la reprise semble s’être diffusée à l’ensemble des secteurs. Et en février, les ventes au détail ont bondi de 1%, leur plus forte hausse sur quatre mois.

Ben Bernanke, le président de la Fed, ne considérera probablement pas la reprise comme réellement établie tant qu’il n’y aura pas de période durable de créations d'emplois. En février, 192.000 postes ont été crées et le taux de chômage est ressorti à 8,9%. Aurel BGC note que les membres de la Fed «estiment que le niveau encore élevé du chômage et la faiblesse persistante du taux d’utilisation des capacités de production implique que l’apparition d’une inflation endogène à l’économie américaine est très peu probable».

D’ailleurs, la hausse de l’inflation de 1,1% en novembre à 1,6% en janvier est en grande partie nourrie par celle des prix énergétiques. Or, rappelle Credit Suisse, «la corrélation entre l’inflation du prix de la matière première et de l’inflation "core CPI" a été en général négative pendant un quart de siècle». La mesure composite des anticipations d’inflation à 10 ans de la Fed de Cleveland s’établit à un faible niveau, 1,8%.

Alors que l’idée du maintien à son terme du second tour d’assouplissement quantitatif (QE2) s’est renforcée, Dennis Lockart, président de la Fed d'Atlanta, a déclaré que «les dirigeants de la Fed ne devraient pas exclure de nouveaux rachats de dette si la situation au Moyen Orient et en Afrique du Nord alimentait davantage l'incertitude économique aux Etats-Unis». Toutefois, BNP Paribas ne parie plus sur un «QE3» et s’attend à ce que la Fed répète son discours accommodant, optant pour «des niveaux exceptionnellement bas des fed funds pendant une période prolongée». La banque voit la Fed monter ses taux dès juin 2012. SG CIB joue un geste à la mi-2012. Credit Suisse ne voit pas de hausse avant fin 2012.

«La Fed ne peut pas commencer à remonter ses taux avant la fin du QE2, ce dernier prendra fin potentiellement de façon abrupte au 30 juin, estime Amundi. Les autorités américaines voudront probablement attendre de voir l’effet sur les taux à long terme avant d’ôter la phrase selon laquelle elles garderont leur "taux inchangés pendant une période prolongée"». Cela peut prendre du temps.

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