L’envolée des prix immobiliers menace le système bancaire chinois

le 09/03/2011 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Fitch évalue les risques d’une crise bancaire à 60 %. Le plus gros promoteur du pays, Vanke, a vu ses profits s’envoler de 37 % en 2010

Une vue de Hong Kong. Photo: Jérôme Favre/Bloomberg

La Chine de 2011 serait-elle les Etats-Unis de 2006 : à l’aube d’un éclatement de la bulle immobilière qui entraînerait l’écroulement de son système bancaire ? Fitch estime aujourd’hui la probabilité d’un tel risque à 60%. L’agence de notation se base pour atteindre ce résultat sur un système de classification regroupé en trois niveaux de risque, et qui fait apparaitre les banques chinoises en catégorie la plus élevée. L’indicateur, qui a été lancé en 2005 mais se base sur des données historiques remontant aux années 1980, avait en outre révélé les faiblesses des banques irlandaises et islandaises.

En cause, le développement de la bulle immobilière en Chine, qui a été favorisée par les mesures de relance prises par le gouvernement au cœur de la crise financière mondiale. Cette envolée des prix immobiliers se traduit par l’annonce lundi d’une hausse de 37% du résultat net du premier promoteur immobilier du pays, Vanke. Les ventes de logements ont progressé de 71% à 108,16 milliards de yuans (11,8 milliards d’euros). Il s’agit d’un bon indicateur dans la mesure où l’indice des prix immobiliers calculé par le gouvernement chinois est considéré par les économistes comme peu fiable.

Fitch estime que le système bancaire dans les pays émergents devient vulnérable à partir d’une hausse du crédit supérieure à 15% sur deux années consécutives, avec des croissances des prix réels du logement supérieures à 5%. Les nouveaux prêts immobiliers ont enregistré une hausse de 28% pour atteindre 2.000 milliards de yuans l’année dernière, soit 25% du total des prêts bancaires accordés. Les prêts hypothécaires ont représenté 69% des nouveaux prêts, le solde étant consacré au financement d’achat et de construction des entrepreneurs.

Le principal risque est l’éclatement de la bulle immobilière qui entraînerait des «trous dans le bilan des banques», selon Fitch. Afin d’éviter un tel scénario, les autorités ont relevé sensiblement le niveau des réserves obligatoires et tentent d’encadrer le marché immobilier en augmentant la fiscalité sur les achats. Elles ont aussi lancé un vaste programme de construction de logements sociaux à bas coûts destiné à ralentir la hausse des prix sans assécher le marché. Mais pour de nombreux observateur, la politique de Pékin reste trop accommodante.

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