Le régulateur américain des marchés à terme songe aux moyens d'encadrer le trading algorithmique

le 02/03/2011 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Reprenant un outil promu par la SEC, la commission « technologie » de la CFTC plaide pour des « coupe-circuits » au sein des unités de courtage

Le «flash crash» du 6 mai 2010 continue de mobiliser. Provoqué par un seul ordre algorithmique automatisé, avec à la clé une chute des indices actions et des futures américains de plus de 10%, ce séisme boursier a soumis les autorités de régulation à une forte pression. La Securities and Exchange Commission (SEC) présentait dès le mois de juin un dispositif général de «coupe-circuit» s'appliquant aux places de négociations et destiné à bloquer des ordres jugés aberrants.

Dans le cadre de la mise en place de la loi Dodd Frank, la Commodities Futures Trading Commission (CFTC), l'autorité américaine des marchés à terme, poursuit la réflexion en se penchant sur le cas spécifique du trading algorithmique. Cinq experts, réunis au sein de la commission technologie et représentant des courtiers (Newedge), des opérateurs boursiers (CME, ICE) ou encore des traders à haute fréquence (Infinium), ont présenté hier leurs propositions.

Objectif : encadrer les «guépards», d'après le surnom que donne Bart Chilton, commissaire de la CFTC, aux «algo traders». «Les guépards sont rapides car ce sont des prédateurs. Je veux être sûr que les guépards ne nuisent pas à des opérateurs commerciaux plus lents qui utilisent ces marchés pour couvrir leur risque», explique-t-il. Dans son rapport, le groupe de travail propose que les sociétés de courtage prouvent à la plate-forme de négociation qu'elles ont rempli un certain nombre de démarches avant de pouvoir l'utiliser. Il s'agirait notamment de la capacité à bloquer des ordres excédant une certaine limite avant qu'ils ne soient adressés à la plate-forme et de la mise en place d'un «système de blocage d'exécution» qui désactiverait tout algorithme adressant un volume d'ordres excessif sur une période donnée.

Chaque structure de courtage devrait donc être en mesure, à son niveau, d'annuler ou de «tuer» en cas de besoin l'ensemble des ordres existants, ainsi que d'empêcher l'émission d'ordres supplémentaires. Les autres acteurs de l'écosystème auront également un rôle à jouer, précise le rapport. Les chambres de compensation devront s'assurer que leurs clients ont mis en place les contrôles nécessaires et les plates-formes pourront fixer des limites de négociation.

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