Une hausse des taux de la BCE semble encore prématurée

le 02/03/2011 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Si beaucoup d'économistes ne voient pas la BCE relever ses taux avant juin, ils s'attendent néanmoins à ce qu'elle relève ses prévisions d'inflation

Les yeux du marché sont déjà rivés sur la réunion de la BCE de jeudi au cours de laquelle la banque centrale devrait présenter ses nouvelles projections macroéconomiques pour 2011 et 2012. Et les chiffres de croissance et d’inflation en zone euro pourraient en dire long sur sa politique monétaire et le discours de son président, Jean-Claude Trichet. D'autant qu'Eurostat a publié une inflation en zone euro en hausse de 2,4% en février, après 2,3% en janvier.

«L’inflation constatée ces derniers mois et les prix élevés du pétrole indiquent qu’un relèvement marqué de la prévision d'inflation de la BCE est inévitable», souligne Credit Suisse. Mais l’estimation d’inflation pour 2012 sera plus importante que celle pour 2011. BNP Paribas précise que «des anticipations d'inflation nettement supérieures à 2% l'année prochaine pourraient enclencher un nouveau cycle de resserrement monétaire». Deutsche Bank, qui voit la BCE relever sa prévision d'inflation de 1,5% à 1,9% en 2012, note d’ailleurs que le niveau moyen pour déclencher une hausse de taux est de 2,2%.

Aux yeux d’Aurel BGC, Jean-Claude Trichet devrait «une nouvelle fois insister sur l’augmentation du risque inflationniste, voir affirmer la vigilance de la banque centrale face à ce risque». Afin d’ancrer au mieux les anticipations d’inflation, le banquier central s’efforcera, selon UniCredit, d’être prévisible et de préparer le marché, peut-être dès jeudi. Pour autant, s’engager dans un cycle de hausse de taux serait prématuré pour la BCE, puisque l’UE doit encore plancher fin mars sur une solution globale à la crise de la dette européenne.

Une résolution de la crise permettra à la BCE, d'après Crédit Agricole SA, de mettre en pratique son principe de séparation entre sa politique de taux et sa politique de gestion de la liquidité. D'autant plus que le marché attend un retour de la BCE sur la normalisation de ses procédures de gestion des liquidités, la dernière opération de refinancement à 3 mois étant prévue à la fin du mois.

Au bout du compte, Deutsche Bank voit la BCE, jeudi, insister sur l'inflation sans s'engager sur des hausses, et parie sur une première hausse de taux en juin. Crédit Agricole SA estime qu'elle pourrait monter le refi de 25 pb en septembre et en décembre si l’inflation se maintient au-dessus de sa cible et que la croissance se montre résistante.

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