La refonte de la gouvernance mondiale passe par le renforcement du rôle du FMI

le 16/02/2011 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Un groupe composé de Michel Camdessus et Paul Volcker a remis un rapport à Nicolas Sarkozy qui s’est engagé à le diffuser aux membres du G20

Le groupe «Initiative du Palais-Royal» entend bien apporter sa pierre au débat sur la gouvernance internationale. Composé d’un collège indépendant de 18 membres dont Michel Camdessus, ancien directeur du FMI, de l’ancien directeur de la Fed, Paul Volcker, de l’actuelle vice-présidente de la Banque populaire de Chine, Xiaolian Hu, et d’anciens gouverneurs de banques centrales du Mexique, d’Afrique du Sud, d’Inde ou du Brésil, l’association part du constat que la crise économique mondiale met «en lumière un certain nombre de vulnérabilités passées jusque-là inaperçues». Parmi elles, l’absence de discipline efficace, la volatilité des taux de change, les difficultés de gestion de la liquidité mondiale, et les problèmes de gouvernance dans le processus de décision.

Loin d’en rester au stade de l’analyse des causes de la crise, le groupe de travail édicte dans un document rendu public hier des propositions qui ont déjà été remises à Nicolas Sarkozy et diffusées à l’ensemble des membres du G20. L’étude préconise un renforcement sans précédent du pouvoir de contrôle et de sanction du FMI notamment auprès des pays «systémiques» (Etats-Unis, Chine, Europe), alors qu’il se limite aujourd’hui aux pays qui ont eu recours à son aide. Mise en place d’indicateurs d’alerte, mais aussi de normes en matière de taux de change imposant une bande de fluctuation, ainsi qu’en matière de déficits publics feraient ainsi partie des nouvelles attributions du Fonds.

L’institution serait en outre érigée au rang de prêteur en dernier ressort, en mettant en place des «mécanismes permanents de financement pour temps de crise». L’étude suggère la constitution d’actifs de réserve par le réexamen du droit de tirage spécial, créé dans le cadre des accords de Bretton Woods et qui ne pèse aujourd’hui que 4% des réserves de change mondiales.

En matière de gouvernance, le rapport prône une représentation universelle, organisée par grandes régions géographiques. Les chefs d’État ou de gouvernement se réuniraient à intervalles peu fréquents, alors que les ministres des Finances et gouverneurs de banques centrales prendraient les décisions stratégiques liées au fonctionnement du système monétaire international. Enfin, les administrateurs seraient chargés du contrôle des travaux du FMI. Pour son bon fonctionnement, le rapport propose l’abandon du droit de veto unique des Etats-Unis.

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