L’enquête américaine sur les délits d’initiés touche les fonds d’arbitrage

le 09/02/2011 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Deux gérants de hedge funds ont été appréhendés dans le cadre de ce dossier mettant en lumière le rôle douteux des réseaux d’experts

Patiemment, les autorités américaines démêlent l’écheveau de cette gigantesque affaire de délits d’initié présumés. Après avoir ciblé en premier lieu ces fameux réseaux d’experts soupçonnés d’être les pourvoyeurs d’informations privilégiées, et au sein desquels une petite dizaine d'employés ou consultants ont été mis en cause jusqu’à présent, les enquêteurs se tournent désormais vers les bénéficiaires, à savoir les employés des fonds alternatifs. Des procureurs fédéraux de Manhattan ont annoncé hier l’arrestation de deux gérants de hedge funds: Samir Barai, à la tête de Barai Capital Management, et Donald Longueuil, qui a notamment travaillé dans le passé pour le titan SAC Capital Advisors.

Selon des documents judiciaires, Samir Barai, qui a lancé en 2008 son fonds d’arbitrage dédié au secteur des technologies et des médias, est mis en cause pour fraude boursière, conspiration et obstruction à la justice. Il est notamment suspecté d’avoir réalisé des transactions litigieuses sur les titres Marvell Technology et Fairchild Semiconductor International. Son fonds a été l’un des quatre perquisitionnés par les agents fédéraux en fin d’année dernière lorsque l’enquête a pris de l’ampleur.

Deux autres professionnels – Noah Freeman, ex-analyste pour Sonar Capital puis gérant de portefeuille au bureau de Boston de SAC Capital jusqu’en janvier 2010, et Jason Pflaum, analyste qui travaillait avec Samir Barai – ont choisi de plaider coupable. Bien que le nom de SAC apparaisse avec insistance dans les investigations, le hedge fund n’est pas inculpé directement par les enquêteurs.

«Le gouvernement soutient que leur conduite inappropriée a débuté dans leurs anciennes sociétés en 2006 et s’est poursuivie après leur embauche chez SAC mi-2008», a expliqué Jonathan Gasthalter, un porte-parole du fonds. «Ils ont été employés par SAC pour une courte durée puis démis de leurs fonctions en janvier 2010 et juin 2010, respectivement, en raison de leurs piètres performances», a-t-il ajouté. A côté de ces charges criminelles, la Securities and Exchange Commission, l’autorité américaine des marchés, a enregistré pour sa part une plainte pour fraude au civil.

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