« La force du yen reflète celle de son commerce extérieur »

le 24/01/2011 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Jean-Luc Proutat, responsable économies OCDE chez BNP Paribas

L'Agefi : Un règlement définitif de la crise de la dette souveraine dans la zone euro permettrait-il une remontée de l'euro ?

Jean-Luc Proutat: Sans doute puisque cette crise s’est propagée par vagues et que chacune d’entre elles a pu faire baisser l’euro. Dans l’Union économique et monétaire, les épisodes de stress sur la dette souveraine font monter les primes de CDS des banques et perturbent la météo du marché monétaire. L’écart BOR-OIS se creuse, bien que marginalement désormais.

Le coût des swaps en dollars monte aussi, soulignant le fait que les banques du Vieux Continent conservent des besoins de refinancement importants dans la monnaie américaine. La tension sur le dollar pourrait donc baisser avec celle sur les dettes souveraines ; mais la crise n’est qu’en voie de règlement.

Une étape clé pourrait être la reprise par l’EFSF du programme d’achats de titres actuellement opéré par la BCE. Celle-ci se concentrerait alors sur son vrai métier, qui est de veiller à la stabilité des prix, une priorité qui n’est pas encore celle de la Fed.

Pourquoi tablez-vous sur un dollar/yen à 85 d'ici trois mois ?

C’est un niveau proche des cours actuels et qui positionne toujours le yen sur des points hauts. La force de la monnaie du Japon reflète en partie celle de son commerce extérieur.

L’Archipel est l’un des rares pays développés qui n’a pas de déficit vis-à-vis de la Chine (ses échanges avec l'empire du Milieu sont proches de l’équilibre). En outre, ses principaux excédents sont obtenus en zone dollar, soit vis-à-vis des Etats-Unis soit vis-à-vis des grands pays commerçants d’Asie du Sud-Est (Hong-Kong, Singapour, Corée …).

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