La France bénéficie toujours de conditions de financement avantageuses

le 03/12/2010 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Selon Natixis, l'Hexagone se finance actuellement à un niveau de taux autour de 2,35 % contre 4,15 % sur la période 2000-2007

Le risque souverain en zone euro met la France sous pression. Les taux à 10 ans français se traitaient hier à 3,26%, contre 2,46 % en août. L’écart de taux avec le Bund s’établit à présent à un niveau anormal de 45 pb. La perception de la qualité de crédit du pays s’est dégradée, le spread des credit default swap (CDS) à 5 ans français, stable autour des 60 pb en août, a touché mardi un pic de 105 pb.

Pour autant, la France bénéficie de conditions de financement idéales. Selon le projet de loi de Finances rectificative (PLFR) 2010, l’Etat a économisé 2,2 milliards d’euros grâce à la baisse des taux courts. Les taux à 7 ans, qui est la durée de vie moyenne de la dette française, se traitent à 2,58%, contre 3% en janvier 2009, 4,20% en janvier 2008 et 4,60% en juillet 2007.

Le projet de loi de Finances (PLF) pour 2011, qui intègre le scénario de hausse des taux, estime la charge de la dette à 45,382 milliards. Elle devrait croître de 3 milliards par an entre 2011-2013 à cause de l’«effet volume» lié à la hausse de l’encours de dette à moyen-long terme depuis 2009 et de la «hausse anticipée des taux d’intérêt, dont l’ampleur et la rapidité restent incertaines». Cet effet est estimé à 1 milliard par an. Mais aujourd’hui, le marché voit les taux à 10 ans en baisse à 2,70 % en février 2011 et à 3% en novembre 2011.

L’«effet taux» sur la dette à court terme devrait freiner la hausse de la charge d’ici à 2011. D’ailleurs, le stock de Bons du Trésor pourrait baisser en 2010 de 20 milliards contre 14 milliards attendus selon un expert. Le PLF voit les taux courts à 1% en 2011, contre un niveau actuel de 0,58% pour les taux à 3 mois.

Pour Cyril Regnat, stratégiste taux chez Natixis, une hausse des taux en 2011 n’aura qu’un impact modéré sur la charge de la dette cette même année, puisque les coupons des nouvelles émissions intégrant cette hausse seront payés en 2012. «L’impact d’une hausse de 100 pb serait limité vu que les conditions de marché restent, dans l’absolu, favorables à la France qui se finance actuellement à un niveau de taux bien plus bas que sa moyenne historique (autour de 2,35% contre 4,15% sur la période 2000-2007)», note le stratégiste. Selon lui, le pays pourrait réduire légèrement la taille de son programme d’émissions 2011 (186 milliards pour le moment) avant la fin 2010 pour tenir compte des rachats d’obligations effectués ces dernière semaines.

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