UBS et Axa IM relancent le marché des CDO synthétiques

le 01/12/2010 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

La banque suisse et la société de gestion distribuent et gèrent Cadenza I, adossé à des CDS de dette corporate

Malgré la crise irlandaise, la normalisation du marché de la titrisation se poursuit et passe même une étape charnière. A l’issue d’une période de présentation marketing aux investisseurs entamée il y a déjà plusieurs semaines, UBS et Axa IM ont commencé le placement privé de tranches de Cadenza I, une titrisation adossée à des contrats dérivés de crédit, appelée «CDO synthétique» (CSO). La banque suisse en est le distributeur, la société de gestion, le gérant.

Ce type de financement structuré est construit autour des contrats de protection contre le risque de défaut (CDS) dont les actifs sous-jacents sont de la dette corporate notée «investissement» de sociétés de nationalité – notamment européenne - et de secteurs différents. D’après une source de marché, les tranches de Cadenza I, dont la maturité varie de 3 à 5 ans, sont placées auprès des investisseurs au fur et à mesure de leurs ordres. Selon la même source, le gros des ordres a déjà été passé et le CSO n’a pas de date de clôture. Aucun montant n’a été communiqué par UBS et Axa IM.

Le marché évoque une tranche senior mezzanine notée «AA». Moody’s devra noter certaines tranches. Axa IM peut également porter jusqu’à 20% la part des actifs notés en catégorie «BB» (spéculative) dans le portefeuille de sous-jacents. La transaction, qui aurait été présentée à des investisseurs européens et du Moyen-Orient, porte sur plusieurs devises.

En plus du fait que ce CSO soit le premier depuis la crise, il émerge à un moment où les entreprises notées «investissement» ont reconstitué leur trésorerie et réduit leur endettement. «Il s’agit d’une véritable opportunité pour les investisseurs de capter du rendement de type high yield avec des actifs notés 'investissement'», lance un observateur. D’ailleurs, en fonction de la maturité et du niveau de risque/rendement souhaités par les investisseurs, la marge à l’émission s’établit entre 200 et 500 pb sur le Libor. L’indice iTraxx Europe, qui suit l’évolution des CDS de 125 signatures «investissement» en Europe provenant de 6 secteurs, s’établit à 117 pb, contre un pic de 216 pb le 5 décembre 2008.

Ce nouveau CSO s’est également adapté aux nouveaux besoins post-crise des investisseurs davantage tournés sur le court terme que sur le long terme. Les précédents CSO apparus avant la crise portaient sur des maturités de 7 à 10 ans.

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