Shanghai tente de mettre à mal la spéculation sur matières premières

le 29/11/2010 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Les cours ont reculé vendredi dans le sillage de l’annonce par le marché chinois du relèvement de ses exigences en termes d’appels de marge

Les autorités chinoises font feu de tous bois pour endiguer les flux de capitaux spéculatifs. Dans ce contexte, le Shanghai Future Exchange a annoncé jeudi un relèvement de ses exigences en termes d’appels de marge sur les contrats à terme de divers produits. Notamment sur des métaux, tels le cuivre ou l’aluminium ou le zinc, mais aussi le caoutchouc. Les niveaux d’appels de marge sont portés à compter de la clôture de la séance d’aujourd’hui d’une fourchette de 7 à 8,5% selon les produits à une fourchette de 10 à 13%. Le marché chinois a également entériné un élargissement de la bande autorisée de fluctuation journalière des prix des contrats.

Cette décision à Shanghai a visiblement eu pour impact immédiat la liquidation vendredi de nombre de positions détenues par des investisseurs ayant atteint leurs limites de capacités de financement. Dans des volumes étoffés, les cours ont accusé une baisse, jusqu’à un repli de 3,5% de la valeur d’un contrat sur le zinc sur le London Metal Exchange vendredi.

L’initiative du marché à terme de Shanghai constitue un pas de plus de la Chine, ogre de la consommation mondiale de matières premières, pour contrôler les prix, l’inflation se situant à un plus haut depuis deux ans. Un trader cité par Reuters souligne que désormais la marge exigée à Shanghai pour un lot de 5 tonnes de cuivre s’élève à 900 dollars, contre 530 dollars à Londres. De quoi écarter tout opérateur international du marché à terme chinois.

Certains fondamentaux sur les marchés des matières premières ont pu également soutenir en fin de semaine passée une relative détente sur les cours, à l’image d’une annonce par l’association des pays producteurs de caoutchouc que l’Indonésie, deuxième exportateur mondial, avait décidé d’une hausse de la production.

Mais les fondamentaux plaident encore pour la poursuite de tensions sur les prix. L’association des pays producteurs de caoutchouc estime que les importations chinoises pourraient progresser de 7,1% cette année à 3,26 millions de tonnes, et de 6% l’an prochain. Par ailleurs, un autre trader interrogé par Reuters met en lumière que la fin d’année civile est également propice à une hausse des cours, les acheteurs souhaitant garantir prudemment et au plus vite leur approvisionnement dans la perspective du pic de la demande chinoise réelle au premier semestre.

A lire aussi