« Les obligations resteront recherchées, tant que la sortie de crise ne sera pas en vue »

le 29/11/2010 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Marc Olivier, directeur général France de Nordea Investment Funds

L’Agefi : Quel attrait trouvez-vous actuellement aux obligations ?

Marc Olivier : Depuis quelque temps nous surpondérons les obligations dans notre portefeuille modèle. Des perspectives de croissance durablement faibles dans les pays occidentaux, conjuguées à l’absence de pressions inflationnistes justifient cette demande soutenue. A l’instar de la Fed, de nombreuses banques centrales continueront d’acquérir de larges blocs d’obligations dans le cadre de leur politique d’assouplissement quantitatif. De leur côté, les fonds de pension ont besoin d’acheter les actifs les plus sûrs, afin de se prémunir au mieux contre d’éventuelles difficultés de sous-financement. Par ailleurs, de nombreux investisseurs institutionnels sont inquiets des niveaux de valorisation atteints par certains marchés d’actions, dont les émergents, stimulés par d’importants flux de liquidités. En bref, malgré des rendements très modestes, les obligations resteront recherchées, tant que la sortie de crise ne sera pas en vue.

La crise irlandaise vous incite-t-elle à modifier votre allocation ?

Tout au long de cette crise de la dette souveraine dans la zone euro, nous avons évité toute exposition aux dettes périphériques. Aussi les difficultés irlandaises n’ont-elles pas d'impact sur notre allocation obligataire. En revanche, il est évident que si la contagion s’étendait au-delà des dettes périphériques, venant saper la confiance ou menacer la crédibilité financière des grandes économies de la zone euro (comme l’Allemagne ou la France), nous serions amenés à revoir notre stratégie d’investissement. Mais à ce jour, c’est un développement que nous n’envisageons pas.

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