« Les marchés s’inquiètent de la capacité du Portugal à croître »

le 29/11/2010 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Laurence Boone, chef économiste France chez Barclays Capital

L'Agefi : La dette souveraine portugaise peut-elle être la prochaine cible des marchés ?

Laurence Boone: Les marchés s’inquiètent des pays qui présentent la combinaison suivante : des finances publiques dégradées, un secteur bancaire fragile, des perspectives de croissance peu élevées avec une perte de compétitivité. Dans ce cadre, le Portugal inquiète non pas tant pour sa gestion des déficits que pour sa capacité à croître car le déficit courant du Portugal reflète d’importants problèmes de compétitivité depuis la mise en œuvre de l’euro. Dans ce cadre, le marché s’inquiète aussi pour l’Espagne. Les tests de résistance du secteur bancaire avaient rassuré cet été, mais le cas irlandais suggère que ces tests ne sont pas toujours une garantie de la solidité du secteur bancaire dans des situations de stress. Enfin, il faut noter que ces turbulences nationales interviennent aussi alors que les Etats européens tentent de réformer la gouvernance européenne et ont ouvert plusieurs sujets de discussion dont celui de l’éventualité de restructurations de dette, ce qui ne peut manquer d’inquiéter les marchés.

Comment la Banque centrale européenne peut-elle mener sa politique alors que les économies européennes divergent ?

Lors de la construction européenne, ces divergences étaient connues : la politique monétaire commune devait gérer les fluctuations de croissance communes alors que les politiques budgétaires nationales devaient permettre de gérer les chocs spécifiques nationaux. Comme tous les pays de la zone euro ajustent leurs finances publiques, ils se retrouvent privés de l’arme budgétaire, ce qui contraint la politique monétaire.

A lire aussi