« L’euro faiblira tant que la crise de confiance sur la dette souveraine continuera »

le 29/11/2010 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

David Deddouche, stratégiste change chez Société Générale

L’Agefi: Quel effet le sauvetage de l’Irlande peut-il avoir sur l’euro ?

David Deddouche: L’euro/dollar est avant tout sensible aux différences de politiques monétaires entre la BCE et la Fed. Le retour de la crise souveraine en Europe va à l’encontre de la volonté de la BCE de normaliser ses conditions de liquidités, et a donc eu un effet négatif sur l’euro. Ainsi, tant que la crise de confiance sur la dette souveraine continuera, l’euro faiblira. Alors, le problème pour les autorités n’est pas seulement de sauver l’Irlande, mais de proposer d’abord un cadre de sauvetage qui soit crédible au niveau global, et aussi par la suite de repenser le cadre fiscal européen de façon à ce que les problèmes structurels actuels se règlent. Sur le premier point, qui est dominant à court terme, l’inquiétude du marché se porte de plus en plus sur l’insuffisance de la taille du fonds européen de stabilité (FESF) si l’Espagne devait y recourir après l’Irlande et le Portugal. Pour que le marché soit rassuré, il faut généralement des plans de grande ampleur, dont la taille couvre totalement les risques de contagion. Et ce n’est pas le cas pour l’instant.

Le dollar peut-il s’apprécier face au yen ?

Le rebond récent du dollar vis-à-vis du yen a eu lieu grâce aux meilleurs chiffres américains qui ont permis une remontée des taux swaps 2 ans en dollar de 0,47% le 4 novembre à 0,78%. Nous ne pensons pas que les chiffres américains continueront de surprendre à la hausse, ce qui devrait stabiliser la parité dans un premier temps.

Par contre il est tout à fait envisageable en 2011 que la Banque du Japon aille vers davantage de mesures d’assouplissement quantitatif, ce qui contribuerait certainement à affaiblir le yen.

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