Les dissensions au sein de la BoE s’accentuent

le 26/11/2010 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Un des membres du comité de politique monétaire critique ouvertement le gouverneur dont il juge les propos trop politiques

L’engagement de la Banque d’Angleterre en faveur de la consolidation fiscale n’est pas du goût de tous les membres de son comité de politique monétaire. Hier, l’un d’entre eux, Adam Posen, a jugé qu’une partie du rapport d’inflation du mois de mai était «excessivement politique» pour une banque centrale indépendante.

Au lendemain de l’arrivée au pouvoir de la coalition entre les conservateurs et les libéraux, qui appelaient à une forte réduction des déficits, le rapport sur l’inflation de la BoE soulignait la nécessité d’une «consolidation budgétaire significative» à moyen terme, à un rythme plus soutenu que ce qui avait été décidé dans le budget défini en mars. «Un certain nombre de membres du comité, à savoir moi-même et au moins une autre personne, étaient préoccupés par le fait que cette déclaration soit considérée comme trop politique dans le contexte de l’élection», a expliqué hier Adam Posen devant une commission parlementaire. «Je ne me suis jamais exprimé sur l’équilibre entre les dépenses et les impôts, et encore moins sur des mesures particulières. J’ai simplement commenté les conséquences du déficit record pour l’économie britannique», s’est défendu le gouverneur de la Banque d’Angleterre Mervyn King.

Cet épisode ne fait que renforcer les tensions déjà existantes au sein du comité de politique monétaire. Lors de la réunion de début novembre, trois orientations politiques divergentes ont été défendues au sein du comité. Adam Posen estimait que l'économie britannique avait besoin de 50 milliards de livres supplémentaires pour compenser les mesures d'austérité du gouvernement, tandis qu'Andrew Sentance préférait un relèvement du taux d'intérêt directeur d'un quart de point, craignant que l’inflation ne reste au-dessus de l’objectif de 2%. Les sept autres membres du MPC avaient choisi le statu quo. Lors de l’audition d’hier, les deux dissidents ont confirmé leurs opinions. Adam Posen craint ainsi que le quantitative easing ne soit pas aussi puissant que les autres membres du comité le pensent et que l’actuel stock d’actifs achetés par la BoE soit insuffisant pour permettre la reprise. Début novembre, le comité de politique monétaire avait laissé la porte ouverte à une nouvelle phase d’achat d’actifs, si nécessaire.

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