L'Irlande veut réaliser 40 % de sa consolidation budgétaire en 2011

le 25/11/2010 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

L’ajustement budgétaire sur quatre ans comprendra 10 milliards de réduction des dépenses publiques et 5 milliards de mesures sur les revenus fiscaux

Quelques heures après avoir été dégradée de deux crans à A par S&P, l’Irlande a dévoilé son plan de consolidation budgétaire d’ici à 2014. Pour regagner en crédibilité, le pays a prévu de réaliser 40% des 15 milliards d’euros d’efforts budgétaires dès 2011. L’ajustement sur quatre ans comprendra 10 milliards de réduction des dépenses publiques et 5 milliards de mesures sur les revenus fiscaux.

Sur les 10 milliards d’économies, 7 milliards viendront de la réduction des dépenses courantes et 2,8 milliards des dépenses d'aides sociales. Alors que le salaire horaire minimum diminuera de 1 euro à 7,65 euros, 24.750 postes dans le service public seront supprimés par rapport à 2008 avec une baisse de salaires de 1,2 milliard entre 2010 et 2014.

Sur les 5 milliards de hausse des revenus fiscaux, 1,9 milliard proviendront de l’impôt sur le revenu. En 2010, l’Etat estime que 45 % des contribuables ne paieront pas d’impôt, un niveau jugé d’insoutenable. Des modifications sur le traitement fiscal des retraites rapporteront 700 millions. Le relèvement de l’âge minimum de départ à la retraite à 66 ans en 2014, 67 ans en 2021 et 68 ans en 2028 fait partie du plan. Autre mesure qui permettra de récolter 620 millions, la hausse de la TVA de 21% à 22% en 2013, et à 23% en 2014. Comme prévu, l'impôt sur les sociétés restera à 12,5%.

Dublin table sur un PIB stable en 2010 et une croissance annuelle moyenne de 2,75% entre 2011 et 2014, sur un déficit à 9,1% du PIB en 2011 et sous 3% en 2014. Le ratio dette sur PIB devrait atteindre un pic de 102% en 2013 et baisser à 100% en 2014. Barclays juge les prévisions de croissance trop optimistes. D'autres observateurs les condisèrent irréalistes. D'après ING,«le risque majeur reste que le gouvernement n'arrive pas sécuriser le vote pour le budget d’austérité». D'autant plus que ce dernier est la contrepartie de l'aide financière, dont le montant aurait été évoqué au niveau internationl à 85 milliards, d'après les propos hier du premier ministre irlandais, Brian Cowen, devant le parlement. Et ce dispositif pourrait servir à injecter des fonds propres dans les banques. D’après le courtier NCB, «la facilité serait d’abord utiliser pour accroître leur ratio core tier de 8% à 12% avec un fonds de contingence à mettre en place pour éviter que les niveaux de capitaux tombent sous un nouveau seuil (éventuellement un core tier de 10,5%)».

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