La structure de capital de BlackRock est en pleine recomposition

le 23/11/2010 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Les cessions de titres opérées par Bank of America et PNC ont permis à la banque centrale de Norvège de monter à hauteur de 7,5 % du capital de BlackRock

BlackRock aiguise les appétits. Avec la mise sur le marché de 9,57 milliards de dollars d’actions du groupe de private equity par Bank of America et PNC Financial Services, nombre d’investisseurs souhaitent prendre une part stratégique dans un des plus grands gestionnaires au monde avec 3.450 milliards de dollars d’actifs sous gestion. Après l’entrée du japonais Mizuho Financial qui a mis la main sur 3,07 millions d’actions BlackRock pour 500 millions de dollars, c’est la banque centrale de Norvège, Norges Bank, qui a augmenté sa participation dans le groupe à hauteur de 7,5%, détenant aujourd’hui 9,85 millions d’actions, soit 1,6 milliard de dollars investis dans le groupe, selon la presse anglo-saxonne.

C’est vraisemblablement pour le compte de sa filiale NBIM, en charge de la gestion des actifs du fonds souverain norvégien, que Norges Bank a réalisé cette opération. Il ne s’agit pas de n’importe quel actionnaire: NBIM, anciennement connu sous le nom de «Oil Fund», a été créé en 1990 pour gérer les intérêts de la manne pétrolière du pays et possède aujourd’hui des actifs d'une valeur de marché de 350 milliards d'euros.

Temasek, le fonds souverain de Singapour ainsi que le fonds souverain du Koweit conservent leurs positions, après avoir aidé BlackRock à financer l’acquisition de Barclays Global Investors l’année dernière. Alors que Bank of America et PNC auraient conservé respectivement 7,1% et 20,3% du capital de BlackRock, le milliardaire mexicain, Carlos Slim, a fait acquisition d’une participation de 2% dans le capital du groupe, selon des informations du Financial Times. Des fonds souverains du Moyen-Orient et d’Asie en auraient également profité pour renforcer leurs positions, alors que des fonds d’investissement américains et européens auraient pris des participations réduites.

A l’instar de Mizuho qui a proposé d’ouvrir son portefeuille de clientèle sur la base d’une coopération mutuelle, l’entrée ou le renforcement d’investisseurs étrangers dans le capital de BlackRock pourrait lui permettre d’avoir un plus large accès aux marchés émergents. La nouvelle structure de son actionnariat devrait également permettre au groupe d’élargir sa base d’actionnaires et de renforcer son pouvoir de contrôle sur ses choix stratégiques. Il n’est en outre par exclu que BlackRock procède à un rachat de ses propres actions avant d’entrer dans l’indice S&P 500.

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