La flambée de l’or est bien loin encore de décourager les investisseurs

le 23/11/2010 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Bloomberg avance que le marché des ETP représente neuf années de production des Etats-Unis, laissant craindre l’ombre d’une surchauffe

Ceux qui vendent de l’or aujourd’hui font une grande erreur», estime l’économiste d’Euro Pacific Capital Michael Pento, pour qui le marché haussier du métal précieux aura vécu lorsque les taux d’intérêt réels seront positifs. Et «nous en sommes très loin», assène-t-il.

L’once d’or n’en finit certes pas de briller sur les marchés financiers, volant de record en record (jusqu’à 1.424,60 dollars le 9 novembre), son cours ayant presque doublé depuis que la Réserve fédérale a entamé la baisse des taux directeurs en septembre 2007. Michael Pento vise une once d’or à 1.800 dollars fin 2011, tandis que les analystes du secteur chez Goldman Sachs sont à peine moins offensifs en visant 1.650 dollars. Analyste chez Erste Group Bank, Ronald Stöferle, qui table sur une once à 1.600 dollars dès le mois de juin prochain, assure en effet que l’or n’est rien de moins désormais que «la devise de référence». «La Fed peut bien battre monnaie, elle ne peut pas pour autant garantir la confiance dans le dollar», plaide-t-il.

Il n’empêche, même s’il s’élève encore à un niveau supérieur de 40% à la moyenne des cinq dernières années, le solde des contrats longs sur l’or sur le marché du Comex a baissé de 11% selon la CFTC américaine sur la semaine au 16 novembre. Et Bloomberg relève que le marché des ETP (Exchange traded products) adossés à l’or représente 2.088 tonnes du métal, soit tout de même l’équivalent de 9 années de production des Etats-Unis, ou davantage que les réserves officielles de n’importe quelle banque centrale hors celles des Etats-Unis, de l’Allemagne, de l’Italie ou de la France.

D’où l’existence apparente d’une «bulle», quelles que soient les perspectives d’évolution des cours. «Le tout est de savoir où l’on se situe dans cette bulle» a lancé George Soros la semaine passée. L’investisseur, qui a souligné que les pressions déflationnistes actuelles et la crainte de l’inflation constituaient tout simplement un cadre «idéal» pour la poursuite de la hausse des cours de l’or, n’en appelle pas moins à la vigilance. De nombreux hedge funds sont lourdement exposés au métal précieux, a-t-il prévenu, et toute bulle finit le plus souvent par éclater après une telle hausse «parabolique». Plus dure serait donc la chute, aux dires de l’oracle, dont les engagements au sein de Soros Fund Management trahissent pourtant encore un réel engouement pour l’or.

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