La Grèce promet un tour de vis supplémentaire pour son budget 2011

le 19/11/2010 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Athènes table sur une réduction du déficit de 5,1 milliards d’euros l’an prochain afin de le ramener à 7,4 % du PIB

George Papaconstantinou, le ministre des finances grec le 18 novembre, photo: Bloomberg

La révision par Eurostat des déficits 2006 à 2009 renforce la pression sur le gouvernement grec. Avec un déficit 2010 désormais estimé à 9,4% du produit intérieur brut (PIB), contre 8% dans le cadre du plan d’aide de l’UE et du FMI, Athènes s’estime en mesure de redresser la barre en 2011. Le projet de budget définitif présenté au Parlement prévoit un déficit à 7,4% du PIB, soit 0,2 point de mieux que celui anticipé par Bruxelles et Washington mais 0,4 point de plus que celui dévoilé dans une première mouture du projet le mois dernier.

Pour ce faire, et compte tenu d’une récession plus sévère que prévu (3% contre une estimation de 2,6% en octobre et après 4,2% en 2010), le pays doit réduire son déficit de 5 milliards d’euros. Le ministre des Finances George Papaconstantinou a dévoilé hier de nouvelles mesures d’austérité: une augmentation du taux de TVA sur l’alimentation et les produits de base de 11 à 13%, une baisse des dépenses de santé, des coupes dans le budget de la défense ou encore la restructuration d’entreprises publiques. D’autres mesures visent à donner un coup de fouet à certains pans stratégiques de l’économie. Ainsi, le taux de TVA dans le secteur du tourisme sera baissé de 11 à 6,5%.

Selon George Papaconstantinou, le projet de budget «s’assurera que les objectifs sont remplis – pleinement remplis – afin que nous puissions continuer à bénéficier librement des liquidités du fonds de soutien de 110 milliards d’euros». Le spread entre la dette souveraine à dix ans et le Bund s'est détendu hier de 13 points de base, à 887 pb. Mais les efforts additionnels annoncés nourrissent des craintes déjà bien installées chez certains observateurs. «C’est une contraction supplémentaire assez importante», a estimé Ben May, économiste chez Capital Economics. «Cela traduit de mauvaises nouvelles pour l’économie… Nous ne sommes pas convaincus du fait que le gouvernement pourra réduire sa dette à un niveau plus soutenable sans passer par une certaine phase de restructuration».

Athènes n’entend pas dévier sur ce point de sa feuille de route. «Nous nous en tenons à notre objectif de solliciter le marché en 2011», a déclaré George Papaconstantinou. «Plus vite nous reviendrons sur les marchés, plus vite nous renouerons avec la croissance», a-t-il conclu.

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