La politique de la Fed pèse sur la volatilité longue américaine

le 04/11/2010 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Les divergences d’approche entre la Réserve fédérale et la BCE induisent des évolutions opposées de la volatilité implicite

En évoquant début octobre la mise en place prochaine d’un nouveau programme d’assouplissement quantitatif («quantitative easing»), la Fed a pesé sur la volatilité implicite (VI) du T-note 10 ans qui est passée en une quinzaine de jours de 7% à 5,5%. L’annonce du recours à cette politique, a permis à la Fed de donner de la visibilité au marché en indiquant qu’elle ne touchera pas aux taux directeurs avant longtemps. Les rendements obligataires s’en sont trouvés «capés» en quelque sorte, d’où le mouvement de baisse de la volatilité implicite.

En Europe en revanche, la BCE n’affiche pas la même volonté d’expansion monétaire et par conséquent, la volatilité implicite du Bund n’a pas connu de mouvement similaire. Celle-ci reste en effet proche de 7% depuis maintenant plusieurs mois. La faiblesse des flux optionnels sur la partie longue de la courbe contribue également à cette stabilité.

L’évolution du ratio de volatilité implicite du T-note/Bund illustre cette situation puisque cet indicateur est passé de 1,50 à 1,20 en moins d’un mois alors que le ratio de volatilité historique est resté constant sur la même période.

La volatilité implicite longue aux Etats-Unis paraît presque bon marché en comparaison de la situation européenne. Elle pourrait le devenir plus encore si les politiques monétaires pratiquées des deux côtés de l’Atlantique suivent des chemins divergents, à savoir une poursuite de l’assouplissement de la Fed par opposition à la normalisation de la BCE.

Même si aujourd’hui le z-score de la corrélation entre la VI du T-note et le ratio de VI T-note/Bund ne présente pas encore de signal d’achat significatif, il semble opportun de surveiller cet indicateur dans les prochaines semaines.

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