Le marché pénalise les périphériques craignant d’être mis à contribution en cas de défaut

le 04/11/2010 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

La rigueur des budgets portugais et irlandais ne convainc pas. L’appel aux créanciers privés en cas de défaut est aussi mal accueilli

La volatilité sur les dettes périphériques ne faiblit pas. Sur une semaine, les taux à dix ans se sont écartés de 34 points de base (pb) à 6,2% au Portugal et de 57 pb à 7,3% en Irlande, après une phase de forte détente entre fin septembre et mi-octobre.

Cette nouvelle phase de nervosité des marchés intervient alors que ces pays préparent des budgets d’austérité. Au Portugal, le budget 2011 a été voté hier après une interruption des discussions il y a quelques jours. Le déficit budgétaire, à 9,3% du PIB en 2009, devrait atteindre 7,3% cette année et 4,6% en 2011 d’après les objectifs du gouvernement. Ce dernier prévoit notamment une hausse de deux points de la TVA à 23%, une baisse des salaires et un gel des embauches dans la fonction publique. Le PIB ne progresserait donc que de 0,2% en 2011 selon Lisbonne.

Conséquence des tensions actuelles sur la dette portugaise, une adjudication de 531 millions d'euros de titres à douze mois a été réalisée hier pour un rendement supérieur de 35 pb à celle du mois dernier. Par ailleurs, le ratio de couverture est ressorti à 2,2 contre 2,4 lors de la précédente adjudication de fin octobre.

Sur le marché de la dette irlandaise, la nervosité est grande aussi alors que l’étendue du plan de réduction du déficit budgétaire pour 2011 sera détaillée aujourd’hui. Le CDS sur l’Irlande a atteint hier un niveau record à 544 points de base, tout comme le spread entre le Bund et la dette souveraine à 10 ans qui est ressorti à 523 pb.

«Il y a sur le marché un très grand scepticisme sur l’aptitude des pays périphériques à atteindre leurs objectifs, souligne Eric Bourguignon, directeur de la gestion taux et crédit chez Swiss Life AM. Tant que les doutes persisteront, la tension perdurera. Nous estimons que ces pays ne peuvent pas s’en sortir seuls. Les aides extérieures, de l’Union européenne et de la Banque centrale européenne, sont donc indispensables».

Aux inquiétudes sur la capacité des pays périphériques à se redresser, s’ajoutent les craintes sur le Fonds de stabilité européen. L’Allemagne souhaite que les créanciers privés des Etats participent au dispositif, ce qui a provoqué ce regain de tension (L'Agefi du 2 novembre). Le ministre de l’économie Rainer Bruederle a confirmé ce projet en début de semaine. «L’Allemagne doit soutenir cet instrument. Sinon, les marchés peuvent spéculer sur les obligations sans risque», a-t-il déclaré.

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