Les RMBS espagnols suscitent à nouveau l'inquiétude

le 03/11/2010 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Fitch a récemment déclassé 45 tranches de titres adossés à des prêts hypothécaires résidentiels, tandis que Moody's a relevé un pic des saisies

Mauvaise nouvelle pour les titres adossés à des prêts hypothécaires résidentiels (RMBS). Les signes de dégradation de l’immobilier en Espagne se multiplient. Les prix dans le secteur, en baisse depuis deux ans, ont encore reculé de 3,4% sur un an au troisième trimestre. Moody’s a relevé une certaine illiquidité du marché immobilier espagnol et surtout un pic record, depuis 2007, des saisies hypothécaires. Des conditions qui ne favorisent pas les RMBS puisque les saisies accroissent le degré de sévérité des pertes, assèchent davantage la liquidité des transactions et augmentent la prise de risque en trésorerie.

Le volume des saisies immobilières portées en justice a crû de 126 % en 2008 et de 59% en 2009 en rythme annuel. Au premier trimestre 2010, un pic de 27.561 hypothèques saisies a été enregistré dans le pays. Surtout, l’agence estime que ce chiffre sous-estime le nombre actuel de propriétés reprises par des entités financières. Selon UniCredit, il est possible qu’une procédure de saisies puisse impliquer plus de 20 résidences. Or les établissements prêteurs immobiliers ont tendance à accepter des accords à l’amiable, acceptant la propriété comme paiement et libérant par la suite le débiteur de sa dette. D’après la Banque d’Espagne, banques et caisses d’épargne détiennent dans leurs comptes 20,5 milliards d’euros de propriétés.

Alors que le marché primaire de la titrisation en Espagne reste atone en 2010, Deutsche Bank estime que le ralentissement des prêts douteux relevé par la Banque d’Espagne «pourrait se retourner au troisième trimestre et affecter les paniers d’actifs sous-jacents des RMBS espagnols», notamment suite à d’éventuels vents contraires découlant des mesures d’austérité budgétaire et de la poursuite du déclin de l’immobilier. D’ailleurs, Fitch a récemment dégradé 45 tranches logées dans 13 RMBS pour des raisons d’assèchement des fonds de réserves ou des défauts sur les prêts sous-jacents.

Selon Deutsche Bank, le risque de contrepartie dans le secteur troublé des caisses d’épargne pourrait nourrir des baisses de notation et renverser la dynamique des spreads. Ces derniers, sur les tranches des RMBS notées BBB, se sont  resserrés depuis mi-2009, passant de 4.000 pb à actuellement 2.000 pb. Ceux des RMBS italiens, britanniques et néerlandais évoluent entre 500 et 1.000 pb.

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