Les opérations de refi de la BCE attirent encore massivement les banques

le 28/10/2010 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Les établissements anticipent sur leurs besoins pour le passage de fin d’année et sur le probable arrêt des adjudications illimitées en 2011

Les banques font encore leurs provisions de liquidité auprès de la Banque centrale européenne (BCE). Hier, l’opération de refi à trois mois, avec allocation illimitée, a recueilli une demande de 42,75 milliards d’euros. Ce montant est jugé élevé par les spécialistes car seuls 23 milliards arrivaient à échéance hier. Le bond de la demande s’explique principalement par la participation d’un grand nombre de banques à l’opération. Alors qu’il y a trois mois 70 banques avaient fait appel à la BCE, 132 établissements sont venus hier au guichet de l’institution. La demande par banque est donc comparable à celle de juillet dernier.

Pour Luca Cazzulani, à la recherche taux chez UniCredit, l’engouement pour la dernière opération de refi en date s’explique surtout par le comportement opportuniste d’un grand nombre de banques. «L’augmentation de la demande est probablement due principalement à la récente hausse de l’Euribor qui a dépassé le seuil de 1%», explique-t-il. Du coup, les banques ont dû trouver intéressant de sécuriser leurs financements à un taux plus bas que l’Euribor trois mois (actuellement à 1,043%), en particulier dans une perspective de hausse des taux sur le marché monétaire.

En outre, l’approche de la fin d’année a certainement incité les banques à augmenter leur demande. D’une part, certaines ont pris de l’avance avant cette période durant laquelle les besoins sont traditionnellement importants, même si plusieurs opérations de refi d’ici à la fin de décembre leur permettront encore de préparer cette période délicate. D’autre part, les banques anticipent le fait que la BCE devrait arrêter les adjudications de montant illimité en début d’année prochaine.

L’interprétation de cette forte demande divise les spécialistes. Pour Luca Cazzulani, elle ne reflète pas une hausse des tensions sur le marché monétaire mais plutôt une réponse des banques au niveau actuel des taux. Patrick Jacq, stratégiste chez BNP Paribas, est un peu moins rassurant. «Le fait que les banques commencent à préparer le passage de fin d’année montre qu’il y a un peu de stress sur le marché monétaire», explique-t-il. Suite à l’opération d’hier, l’Eonia qui avait progressé ces dernières semaines, pourrait se stabiliser puis baisser à partir de la semaine prochaine. Il était hier de 0,85% contre 0,86% la veille.

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